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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 16:26

La gauche veut se mobiliser pour le deuxième tour des départementales. « L'heure du choix est venue, venez voter dimanche, hommes et femmes de gauche et républicains ! » a déclaré le premier ministre. La gauche a désigné l'alliance UMP-UDI comme seul adversaire de droite légitime. Elle déclare- pour toute la classe politique- que le Front National est l'ennemi commun non républicain d'extrême droite. Ce même Front National qui se dit ni de droite ni de gauche.

Gauche, droite, des notions qui hantent notre vie politique depuis plus de 200 ans . Jean Madiran, dans son livre La droite et la gauche (NEL,1977), a décortiqué ce phénomène.

Extraits.

La distinction entre une droite et une gauche est toujours une initiative de la gauche, prise par la gauche au profit de la gauche : pour renverser les pouvoirs ou pour s'en emparer. (...). C'est ainsi que les choses commencent, ou recommencent, et non en sens inverse. Ceux qui instaurent ou relancent le jeu droite-gauche se situent eux-mêmes à gauche, ils délimitent une droite pour la combattre et pour l'exclure. Dans un second moment, la droite ainsi désignée et prise à partie (...) s'organise, se défend, contre-attaque, quelquefois victorieusement : ce n'est jamais que défense et contre-attaque, voire représailles.

Cette forme de la lutte politique n'existait pas avant 1789.

Nulle part depuis 1789, on n'a vu se constituer une droite se posant en s'opposant, prenant l'initiative de la division et du combat, désignant une gauche et ouvrant contre elle les hostilités.

Est « de droite » celui que la gauche désigne ou dénonce comme tel : et l'inverse n'est pas vrai. Cette désignation, cette dénonciation invoque des critères qui varient beaucoup selon les temps et les lieux; ce qui ne varie pas, c'est (...que ) cet arbitraire va de soi : il n'y a pas de distinction objective entre la droite et la gauche, une distinction qui serait la cause de leur constitution en groupes politiques ; il y a, à l'origine, un acte de pure volonté. qui institue le jeu droite-gauche, ou plus exactement le jeu gauche contre droite. Ceux qui inventent, imposent, dirigent et arbitrent ce jeu sont les hommes de gauche. Ceux qui le refusent, ou le subissent, et en tous cas ne parviennent jamais à l'arbitrer sont les hommes de droite.

La gauche se désigne elle-même et la droite est désignée par la gauche. La gauche lance le jeu gauche contre droite et elle fixe la règle du jeu. La droite sait ou sent plus ou moins clairement qu'elle subit ce jeu sans pouvoir en modifier les règles. La droite, même extrême, quand elle est déçue ou trahie par un Paul Reynaud, un Charles de Gaulle ou un Giscard, leur dit qu'ils cèdent à la gauche, qu'ils en appliquent le programme, qu'ils désertent. Mais elle ne dit pas que Paul Reynaud, Charles de Gaulle ou Giscard sont devenus des hommes de gauche : ou si elle le dit, elle le dit parfaitement en vain. Elle ne les rejette pas à gauche. Elle n'en a ni le droit ni la possibilité. Ce n'est pas elle qui place les étiquettes.

La gauche au contraire, maîtresse et arbitre de ce jeu qu'elle a inventé sur mesure pour qu'il soit le sien, rejette à droite qui elle veut, comme elle le veut, selon l'occasion et l'intérêt tactique. Elle rejette à droite l'ancien socialiste Pierre Laval et l'ancien socialiste Mussolini. Elle représente Hitler, démagogue socialiste et révolutionnaire, comme un homme de droite. Comme un homme de droite, Charles de Gaulle, arrivé au pouvoir en 1944 avec les communistes, et gouvernant avec eux.(...)

Donc, on décide d'être de gauche, tandis qu'on accepte plus ou moins d'être de droite.

On décide et on choisit d'être de gauche, pour jouer au jeu gauche contre droite. (...)

Ce n'est qu'en un second temps et en un sens second que l'on choisit d'être de droite : pour combattre à la fois la gauche et son jeu gauche contre droite; et pour faire cesser le jeu. Car le jeu, c'est toujours, c'est seulement gauche contre droite et non l'inverse. La règle du jeu, c'est de marcher contre la droite, non le contraire.(...) Ce combat et cette manière sont l'essence de la gauche, et son crime, et le pire des maux politiques, le plus mortel pour les sociétés civilisées.

On est de gauche pour organiser une agression : contre l'injustice, dit la gauche, et d'ailleurs c'est souvent vrai. Mais la mobilisation idéale et abstraite contre l'injustice s'incarne en une guerre aux responsables, réels ou supposés, de l'injustice .(...) Ainsi la gauche est révolutionnaire, elle se constitue pour renverser les hommes et les institutions en place dans l'Etat, dans la profession, dans la société. En face de quoi, on est de droite d'abord par légitime défense ;la sienne propre et rendre coup pour coup. (...)

Ainsi la gauche invente et crée non seulement elle-même et son jeu, mais son adversaire. La droite elle aussi est une invention de la gauche.

 

Merci à Eric.

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Published by Petrus Angel - dans Polis
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branenburg 28/03/2015 17:45

Cet article serait bon si son anti-gaullisme datant de Vichy ne l'aveuglait pzs!Qui plus sue de Gaulle a rejeté ce couple mortifère droite/gauche mais par attachement à une défaite non acceptée,vous l'avez stupidement rejeté,mêlant
à chaque reprise vos voix avec celles de la gauche et même de l'extrême-gauche -et aussi jusqu'aux tentatives d'assassinats- pour employer ces mêmes mots bien usés et manipulateurs,j'en conviens fort aisément, et en donnant ainsi le bâton pour vous faire battre!D'une certaine façon Marine Le Pen a compris qu'il fallait se débarrasser définitivement de ce fardeau du passé inutile et paralysant en rompant avec les thèses de son père,un homme du passé pour se tourner vers l'avenir mais hélas sans grande imagination,son programme en politique intérieure étant la copie ce celui du CNR qui date de 70 ans!En revanche je reconnais qu'en politique étrangère et monétaire-qui concerne directement toute politique étrangère dans un pays qui commerce avec l'extérieur-elle va dans la bonne direction,gaulliste pour la nommer,mais ne sait visiblement pas comment s'y prendre;il lui manque à ses côtés un Jacques Rueff et un Maurice Couve de Murville,ni de droite ni de gauche!Enfin sa jeunesse et son manque total d'expérience de gouvernement hors celui d'un parti l'affaiblit considérablement comme son non-choix pro-vie,sa position étant confuse et pas très courageuse pour des raisons électorales mais aussi personnelles avec son refus de régulariser sa liaison!Bref si la droite est une invention de la gauche,elle y contribue aussi fortement et pas seulement par une contre-offensive justifiée mais par certains de ces choix ou non-choix!

Petrus Angel 28/03/2015 18:51

Merci pour votre commentaire.
Vous écrivez : "vous l'avez stupidement rejeté,mêlant à chaque reprise vos voix avec celles de la gauche et même de l'extrême-gauche". A qui vous adressez-vous svp ?