Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 11:09

 

Qu’ont en commun Emmanuel Macron, François Fillon, Manuel Valls, en plus d’être candidats à l’élection présidentielle ? Ils fréquentent des cercles discrets d’influence : le groupe Bilderberg (1) pour François Fillon (2) et Emmanuel Macron (3) , le club Le Siècle (4) pour Manuel Valls (5). Ces cercles très secrets sont des fers de lance du libre-échangisme mondialiste.

Pour nourrir la réflexion en cette période électorale, voici ce qu’écrivait Maurice Allais, prix Nobel d’économie sur cette idéologie :

  

L’idéologie que j’appelle « libre-échangiste mondialiste » a déjà fait d’innombrables victimes dans le monde entier. Pour une raison simple, empiriquement vérifiée : la mondialisation généralisée des échanges, entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents, entraîne finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Or, cette mondialisation n’est ni inévitable, ni nécessaire, ni souhaitable. Cette certitude naît d’une simple observation, ce que je nomme « la cassure de 1974 ».

Sur la période 1974-1997, le taux de chômage au sens du BIT est passé de 2,84 % à 12,45 %, (…) En fait, une seule cause peut et doit être considérée comme le facteur majeur et déterminant des différences constatées entre avant 1974 et après 1974 : la libéralisation des échanges extérieurs par l’Organisation de Bruxelles.

Dans un tel contexte, plus les minima de salaires sont élevés, et plus les importations en provenance des pays à bas salaires sont favorisées. Or, ces pays représentent aujourd’hui des milliards d’hommes. Leur compétition dans un monde de libre-échange ne peut qu’entraîner, inexorablement, dans les pays développés, un nivellement des salaires vers le bas et une explosion du sous-emploi.

Cette opinion relève du sens commun, et elle apparaîtra aux lecteurs comme une banalité. Mais il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.(…)

On nous dit par exemple que tout est très simple : si l’on veut supprimer le chômage, il suffit d’abaisser les salaires. Mais personne ne nous dit quelle devrait être l’ampleur de cette baisse, ni si elle serait effectivement réalisable sans mettre en cause la paix sociale. Que depuis tant d’années de grandes organisations internationales comme l’OCDE, l’OMC, le FMI, ou la Banque Mondiale puissent préconiser une telle solution est tout simplement atterrant. On aperçoit alors l’impasse. La mondialisation des échanges mène soit à un chômage accru s’il y a rigidité des salaires, soit à une inégalité accrue s’il y a flexibilité des salaires.(…)

Les partisans du libre-échange soulignent que grâce aux délocalisations et aux importations en provenance des pays à bas salaires, jamais les prix dans les hypermarchés n’ont été aussi bas. Mais c’est oublier que les consommateurs ne sont pas seulement des acheteurs. Ils sont également des producteurs qui gagnent leur vie et qui paient des impôts.

En tant que consommateurs, ils peuvent acheter des produits meilleur marché. Mais pour ces consommateurs, la contrepartie réelle de ces importations à bas prix est finalement la perte de leur emploi ou la baisse de leurs salaires, et des impôts accrus pour couvrir le coût social du chômage et de la politique de l’emploi.

C’est également oublier que les consommateurs sont aussi des citoyens habitant dans les agglomérations urbaines, et qu’au fur et à mesure que le chômage et la pauvreté générés par la mondialisation augmentent, l’insécurité et l’instabilité des banlieues s’accroissent.

On voit alors que les effets de cette idéologie libre-échangiste, aussi funeste qu’erronée, ne se bornent pas au développement massif du sous-emploi. Ils se sont traduits également par un accroissement des inégalités, par une destruction progressive du tissu industriel français, par un déséquilibre de toute la société.

Cette invocation du « consommateur », de son bénéfice supposé, sert à masquer d’autres intérêts. Car les groupes dirigeants de l’économie sont devenus de plus en plus riches alors que les pauvres sont devenus de plus en plus pauvres. (…)

Tous les traités relatifs à l’économie internationale (l’Accord Général sur les Tarifs douaniers et le Commerce, la Convention relative à l’Organisation de Coopération et de Développement Economique, etc.) ont été viciés à leur base par une proposition enseignée et admise sans discussion dans toutes les universités américaines - et à leur suite dans toutes les universités du monde entier : « Le fonctionnement libre et spontané des marchés conduit à une allocation optimale des ressources. » C’est là l’origine et le fondement de toute la doctrine libre-échangiste. Son application aveugle et sans réserve à l’échelle mondiale n’a fait qu’engendrer partout désordres et misères.(…)

(Or) une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux ne me paraît possible, souhaitable, que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays au développement économique et social comparable.(…)

Tôt ou tard, les faits finiront par l’emporter, mais probablement dans les plus mauvaises conditions. Plus on attendra, et plus les obstacles seront difficiles à surmonter.(…)

Si j’insiste sur le « -isme » ( de libre-échangisme et de mondialisme), c’est que je dresse un parallèle. Les perversions du socialisme ont entraîné l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes mènent à l’effondrement des sociétés occidentales.

En réalité, l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connaît qu’un seul critère, « l’argent ». Elle n’a qu’un seul culte, « l’argent ». Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même.

(propos recueillis par François Ruffin pour le journal Fakir de février-mars 2009 à partir de 2 ouvrages de Maurice Allais : La Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance (éd. Clément Juglar, 2007) et L’Europe en crise. Que faire ? (éd. Clément Juglar, 2005)).

 

 ( 1) : le club Bilderberg, ,fondé en 1954,est un rassemblement annuel d'environ 130 membres influents, essentiellement américains et européens

 ( 2) : rapporté par Philippe de Villiers à TV Liberté en octobre 2015

 ( 3) : cf revue Faits & Documents d’Emmanuel Ratier.30 août 2014

 ( 4) : Fondé en 1944, le club « Le Siècle », réunit environ 600 personnes qui détiennent pratiquement des postes  stratégiques (gouvernements droite ou gauche confondus ).

 ( 5) : Cf Le vrai visage de Manuel Valls. Emmanuel Ratier Editions Facta

 

Merci à EVR.

 

Afficher l'image d'origine

Partager cet article

Repost 0
Published by Petrus Angel - dans DesInfo RéInfo
commenter cet article

commentaires