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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 11:49

 

L’horrible bataille d’Alep en Syrie et la guerre juste à Mossoul en Irak : les gros média semblent nous résumer ainsi les conflits dans cette région du monde. Est-ce si binaire ? On peut en douter. Voici un billet moqueur de l’écrivain Patrick Besson dans Le Point du 24 novembre 2016, intitulé La Bombe différente :

En Syrie, il y a deux catégories de bombes : la bonne et la mauvaise. La bonne bombe est celle de la coalition américano-européenne et la mauvaise, celle de la Russie. La bombe américano-européenne, c’est la délicatesse. Elle tombe pile sur les combattants de l’Etat islamique sans faire de dégâts alentour. Elle épargne les femmes et les enfants présents dans l’immeuble où se cachent les djihadistes. Idem dans les rues. Prenez une voiture. A son bord, un djihadiste et plusieurs dames voilées, ainsi qu’une demi-dizaine de Syriens en bas âge. La bombe américano-européenne, au lieu d’exploser avec grossièreté en faisant des victimes civiles innocentes, concentrera sa violence sur le djihadiste seul, les autres occupants du véhicule sortant de celui-ci avec au pire quelques égratignures. D’une précision chirurgicale, la bombe américano-européenne est un exemple de civisme et de respect des droits de l’homme. Voyez comme, sur les marchés, elle éviter les étals de nourriture où se rassemblent les mères et leur progéniture pour ne toucher que les rassemblements d’hommes barbus hostiles marchandant des kalachnikovs. La bombe américano-européenne est le résultat magique de vingt siècles de culture occidentale. La place me manque pour détailler les différents aspects écologiques de la bombe américano-européenne, respectueuse de l’environnement.

Fille de soixante-dix années de terreur communiste aveugle, la bombe russe tombe n’importe où et sur n’importe qui. Tirée d’un bateau de guerre ou lancée d’un avion militaire hors d’âge par un pilote psychotique, elle raye de la carte villes pacifiques et villages innocents. La bombe russe se moque ouvertement du peuple syrien. Sous prétexte de sauver celui-ci du terrorisme, elle détruit écoles et hôpitaux, crèches et maisons de retraite. Entre un troupeau de chèvres et une maison de vacances, fait-elle la différence ? Là où la bombe américano-européenne épargne les animaux comme les vacanciers, ne visant que les tireurs islamistes isolés qu’elle anéantit un par un avec une patience et une précision de dentellière, la bombe russe s’écrase avec une violence meurtrière, éparpillant bêtes et vacanciers aux quatre coins du périmètre. N’est-ce pas un indice révélateur que les Syriens supplient que les bombardements américano-européennes ne cessent pas et même se prolongent longtemps après la signature d’accords de paix, afin que restent présentes à l’esprit du peuple syrien leur finesse, leur douceur et leur intelligence ?

 

Merci à EVR

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Published by Petrus Angel - dans DesInfo RéInfo
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