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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 21:47

N’oublions pas l’essentiel de l’élection présidentielle de dimanche : la France. Et choisissons le candidat qui saura donner aux Français l’envie d’aimer leur pays ! Philippe de Villiers dans ce beau texte veut proposer aux jeunes ce roman d’amour .

Le multiculturalisme fait son entrée dans les classes. L'histoire ne sera plus un récit mais, je cite, « un coach qui aidera chacun à mieux vivre ensemble ». On va donc sélectionner les commémorations, trier, « halaliser » le livre d'heures. Il ne s'agit plus pour l'école de faire des héritiers mais des indignés. L'objectif n'est plus de faire des citoyens, des Français mais de former des individus prémunis contre le retour du mal et bientôt «du mâle blanc, hétérosexuel, esclavagiste, colon, collabo, raciste» si l'on reprend les termes de plusieurs rapports de l'Education Nationale. On fera la chasse aux dates trop blanches pour être honnêtes. La nation française a-t-elle jamais vraiment existé ? Non, répondra-t-on, c'est un jeu de coïncidence, une mosaïque, une mythologie artificielle. Le temps est venu d'une nouvelle « mise en récit ». Elle sera, on l'a vu à Verdun, festive, bariolée, déjantée.(…)

On ne ressuscitera pas le roman national. (…). On y poussait très loin la métaphore et l'hyperbole. Peut-être trop loin. (…) Le patriotisme ne peut plus passer par les hauts faits, la gloire, la puissance. La France de 14 saignée à blanc a connu la grande ordalie, celle de 40 a vécu la débâcle. Nous avons été vaincus à la bataille de Diên Biên Phu, nous avons quitté l'Algérie. Plus grave, aujourd'hui le pays a perdu ses contours. Et ses conteurs. Il ne reste plus que le drapeau et l'hymne national à Saint-Denis. Mais pas à la basilique, au stade des gladiateurs.

Il faut (…) que la France soit désirable. La nation est un lien amoureux. Il faut refaire un peuple amoureux. Je pense souvent à cette phrase de Romain Gary qui raconte son coup de foudre : « Je n'ai pas une seule goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines. » (…)

Les jeunes Français d'aujourd'hui qu'ils soient de souche ou de désir sont des écorchés vifs. Ils sont tout en émotion. Je les vois dans les deux millions de personnes qui viennent chaque année au Puy du Fou. Ils accueilleraient volontiers dans leur cœur notre pays s'il le connaissait. On s'acharne pourtant à ne leur proposer que « les valeurs de la République ». Des valeurs froides, formelles qui relèvent d'un code de bonne conduite et non pas d'un embrasement de l'imaginaire. On respecte les valeurs de la République comme on respecte le Code de la route mais on n'a encore jamais vu personne tomber amoureux d'une ligne continue ou d'un stop. Quand on ne propose plus à nos jeunes Le Cid et Cyrano, le dernier message de Benjamin Fondane ou celui de d'Estienne d'Orves ils cherchent des épopées de substitution.(…)

Il faut changer d'impératif : ne plus dire aux enfants, tu dois aimer la France parce qu'elle est grande mais tu dois l'aimer parce qu'elle est belle. Il faut aller rechercher dans nos enfouissements les affleurements de tendresse française. Passer par le beau. Notre nouveau roman national ne sera plus un récit de puissance, de grandeur, mais établi sur les Beautés françaises. Il nous faut changer d'angle, de façades, de porte d'entrée et passer par le côté esthétique pour illuminer le chef-d’œuvre afin d'irradier les cœurs. Bref, il faut proposer aux jeunes un roman d'amour.(…)

(Ces beautés sont les) grandes allégories françaises inscrites dans notre imaginaire : France la douce qui s'appela ainsi parce que la France est le pays inventeur de la courtoisie. Un pays dans lequel la cour d'amour est l'imitation presque parodique de la cour de justice du Seigneur. Ainsi les jeunes Français de désir découvriront par eux-mêmes que le Coran est à l'exact opposé du roman de courtoisie. Le chevalier se consumait en vaine patience à la porte de la dame, la femme était reine, maîtresse en ses protocoles alors que le Coran énonce l'exhortation inverse : « vos femmes sont pour vous un champ de labour ». Le jardin à la française reposait sur un nombre d'or : tout est à l'échelle humaine, la mesure, la hauteur, les distances. L'ordre en esthétique porte un nom : la symétrie. La justice aussi porte un nom : la perspective. La France, dans son ADN, ne peut pas dissocier l'ordre et la justice. Et puis, il y a l’art de vivre à la française avec la parabole de l’ivresse mystique de Noé. Chez nous, le vin est biblique et littéraire. (…)

La France est née d'un acte littéraire, d'une chanson de geste : La Chanson de Roland. La langue chez nous a fixé dans le temps un romanesque qui vient embraser le roman de nos vies. Enfin, il y a l'allégorie du blanc manteau d'églises. Dès qu'un malheur nous frappe, la France retourne à ses enfances. Après chaque attentat les cloches des églises sonnent le glas. Les mêmes cloches que celles du 24 août 1944 qui accueillirent les troupes de Leclerc dont la devise de la famille Hautecloque vibrait en écho « on entend loing sonner la haute cloque ». La France est une grande famille. Qu'on le veuille ou non, qu'on soit croyant ou indifférent, les témoignages de pierres que sont les cathédrales nous rappellent que la France doit rester la France et qu'elle n'a pas vocation à devenir la fille aînée de l'islam. Il faut reconnaître au peuple français un droit inaliénable : le droit de préserver, de cultiver les richesses anthropologiques de la civilisation. Le droit à la continuité historique.

 

Merci à EVR.

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Published by Petrus Angel - dans Polis
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