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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 14:38

 

Confronté parfois aux questions portant sur la pratique de notre foi, je me rends compte qu’il y a un vice dans leur formulation : pourquoi JE dois, NOUS devons, faire ou croire telle ou telle chose ? Ces questions centrées sur nous-mêmes nous font croire que dans la foi et l’amour nous avons l’initiative. Or, « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés » (1 Jn 4, 10). Nous n’avons pas inventé l’Eucharistie, par exemple, et si pendant vingt siècles les chrétiens se sont rassemblés pour célébrer le jour du Seigneur, il y a certainement une raison qui me dépasse et je dois essayer d’y répondre. La question devrait être formulée plutôt dans ces termes : pourquoi Dieu nous a-t-il demandé de faire telle ou telle chose ? Heureusement il nous répond dans l’Écriture, la Tradition, le Magistère et la vie de l’Église.

L’origine de l’Eucharistie est le regard et le cœur de Jésus. Marc rapporte dans l’Évangile la rencontre du Maître avec une foule affamée : Jésus « en eut pitié, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement » (Mc 6, 34). En plus, il ordonne à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37). Dieu connaît la faiblesse de l’homme, sa fatigue et ses épreuves sur le chemin de la vie et pour cette raison il est venu marcher avec nous. Il reconnaît en nous les disciples d’Emmaüs, découragés, tristes, déçus après l’échec de nos projets. Il vient à notre rencontre dans la messe, il nous explique le sens de ces événements à la table de la Parole ; il se met à table avec nous et nous offre le pain, son corps, et le vin, son sang, pour rester avec nous et nous dire que son sacrifice sur la croix est pour nous, pour notre amour. Pour demeurer avec nous tous les jours Dieu n’a pas hésité à souffrir jusqu’à l’extrême. Seigneur, qu’est-ce que l’homme, pour que tu en fasses un si grand cas ?

 

Et qu’est-ce que cela change à ma réalité concrète ? À quoi bon aller à la messe ? À quoi bon la pratique ? À quoi bon tout ? Ces questions ont radicalement changé grâce à l’Incarnation et la manifestation de Jésus, Fils de Dieu. L’homme ne lance plus désormais ces questions à un ciel vide, il n’interroge plus l’impersonnel risquant d’aller dans le non-sens. Aujourd’hui toi et moi, nous pouvons poser les mêmes questions à Jésus, à l’Emmanuel qui marche avec nous présent dans l’autel. En Jésus, Dieu lui-même est devenu notre interlocuteur, notre médiateur, notre rédempteur. Saint Bernard a très bien compris cette nouveauté : « N’interroge pas ce que tu souffres, toi, mais ce qu’il a souffert, lui. A ce qu’il est devenu pour toi, reconnais ta valeur à ses yeux, afin que sa bonté t’apparaisse à partir de son humanité. En effet, l’abaissement qu’il accomplit dans son humanité a révélé la grandeur même de sa bonté, et plus il s’est rendu méprisable en ma faveur, plus il me devient cher » (Sermon pour l’Épiphanie).

Lu ICI

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Published by Petrus Angel - dans Religio
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