Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 18:48

 

Le jeu de théâtre que l'on va voir n'apporte rien à l'explication du mystère de Jeanne. L'acharnement des esprits dits modernes à l'explication des mystères est d'ailleurs une des plus naïves, des plus sottes activités de la maigre cervelle humaine, depuis qu'elle s'est superficiellement encombrée de notions politiques et scientifiques. Elle ne donne, pour finir, que la nostalgique satisfaction du petit garçon qui sait enfin que son canard mécanique était fait de deux roues, de trois ressorts et d'une vis. Le petit garçon a en main trois ressorts, deux roues et une vis, objets certes rassurants, mais il n'a plus de canard mécanique - et généralement pas d'explication.  Je refuse, pour ma part, de dire jamais aux enfants comment ça marche, même si je le sais; et, dans le cas de Jeanne, j'avoue que je ne le savais pas. Les soirs de découragement où j'ai envie d'être raisonnable, je dis: le phénomène de Jeanne était prêt socialement, politiquement, militairement, une petite bergère, une des innombrables petites bergères qui ont vu la Vierge ou entendu des voix - et qui, comme par hasard, s'appelait Jeanne -, est venue remplir la place vide dans l'engrenage et tout s'est mis à tourner. Si ça n'avait pas été celle-là, on en aurait trouvé une autre - il y a eu des candidates avant et après. Brûlée, on l'a remplacée par un petit berger des Landes qui a conduit à quelques victoires partielles lui aussi, qui a été pris à son tour et brûlé, sans qu'on songe jamais à en faire un héros ni un saint. (Pour l'hypothèse familière aux esprits catholiques - du moins chez nous - de Dieu s'étant mis à s'occuper de la France et lui envoyant Jeanne pour la sauver, je signale, à toutes fins utiles et sans en tirer aucune conclusion, que Jeanne a été reconnue officiellement sainte et non martyre. Elle a été canonisée pour « l'excellence de ses vertus théologales» et non parce qu'elle est morte pour sa foi - sa foi se confondant avec la cause française, ce qui, même en 1920, n'a pas paru admissible, vu du Vatican. Jeanne est donc une sainte qui est morte dans une histoire politique et Dieu n'avait pas forcément pris parti contre Henri VI de Lancastre. C'est triste, mais c'est comme ça.) Quoi qu'il en soit, tout cela reste le type de l'explication rassurante, qui n'explique rien, comme toutes les explications rassurantes, mais qui permet à M. Homais de s'endormir tranquille après sa tasse de camomille. Étayée de textes exacts et de témoignages irréfutables, dans un fort volume ennuyeux, elle permet à M. le professeur Homais, sommité sorbonnarde, de s'endormir dans la même paix. Une ou deux générations positives dorment ainsi, rassurées, et puis, un jour, par hasard, dans Michelet ou dans un journal illustré, quelqu'un lit une réponse de Jeanne au procès, une vraie réponse, une seule petite réponse, bien simple, et tout le travail du professeur Homais s'écroule, comme s'est écroulée la dialectique des soixante-dix juges aux robes empesées qui se sont acharnés pendant des mois sur cette petite fille fatiguée, mal nourrie, hâve, maigre (je sais, c'était une forte fille, mais je m'en fiche) et étrangement butée.

Il n'y a pas d'explication à Jeanne. Pas plus qu'il n'y a d'explication  à la plus petite fleur qui pousse au bord du fossé. Il y a une petite fleur vivante qui savait de tout temps, imperceptible graine,  combien elle aurait de pétales et jusqu'où ils pousseraient, jusqu'à quel ton de bleu irait son bleu, de quel mélange exact serait son fin parfum. Il y a le phénomène Jeanne, comme il y a le phénomène pâquerette, le phénomène ciel, le phénomène oiseau. Faut-il que les hommes soient prétentieux pour que cela ne leur suffise pas ?

On reconnaît aux enfants - fussent-ils vieillissants - le droit de faire un bouquet de pâquerettes, de jouer à faire semblant d'imiter le chant des oiseaux, même s'ils n'ont aucune sorte de connaissance en botanique ou en ornithologie.

 

 

C'est à peu près tout ce que j'ai fait. 

                Jean Anouilh, présentant sa pièce "l'alouette"

                En marge du théâtre, Articles, préfaces, etc. de Jean Anouilh,

                                                      La Table Ronde , 2000

  On trouvera le même texte dans L'Avant-Scène Théâtre du 15 octobre 1964, sous le titre «Mystère de Jeanne.. Ce texte fut publié à l'origine dans le programme du  Théâtre Montparnasse Gaston-Baty, saison 1953-1954.

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 10:24


Claude Habib
Galanterie française
Gallimard - 19 octobre 2006


Pourquoi la galanterie s'est-elle développée en France ? D'autres sociétés (comme la Chine ou le Japon) ont élaboré une politesse complexe, la France est la seule nation qui a étendu au sexe faible les règles de la civilité. Pourquoi cette inclusion des femmes ? C'est au XVIIe siècle que cette mutation s'est produite, quand l'idéal du galant homme s'est superposé à la figure de l'honnête homme. Dans le monde qui croyait à la galanterie, les femmes furent réellement plus libres de leurs mouvements, de leurs fréquentations, de leur conduite. Ce changement s'accompagna de leur influence croissante dans la vie culturelle et politique. Louis XIV joua personnellement un rôle dans l'établissement des nouveaux usages. Quel intérêt politique y trouvait-il ? Pourquoi la monarchie absolutiste a-t-elle éprouvé le besoin de célébrer conjointement la prééminence du féminin et le triomphe de l'amour ?
Ces questions ne sont pas inspirées par la pure curiosité historique : la mixité d'Ancien Régime est un étrange miroir de la mixité contemporaine. Elle montre ce qui n'est plus. Or la solution française avait pour elle un mérite : celui de promouvoir une mixité érotisée. C'est pourquoi, aujourd'hui, la galanterie ouvre une tierce voie. Elle s'oppose à la relégation des femmes, que veulent propager les islamistes radicaux. Elle s'oppose non moins à la désérotisation qu'impose la «société des individus», comme si la disparition du féminin devait être la rançon de l'entrée des femmes dans la vie publique ou professionnelle. En effet, les sociétés démocratiques, parce qu'elles font de la différence des sexes une question purement privée, tendent à assourdir le thème érotique, à l'effacer du monde commun, et la désérotisation des individus va de pair avec la santé de l'industrie pornographique.
Proscrit, invisible et, pire encore, démodé, le thème galant n'a pourtant pas entièrement disparu. Du compliment à la plaisanterie légère, il continue de hanter la mixité moderne.
- Présentation de l'éditeur -

pour écouter Claude Habib invitée de France Culture :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/concordance/

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
13 janvier 2007 6 13 /01 /janvier /2007 10:19

 

Frédéric Rouvillois
Histoire de la politesse de 1789 à nos jours
Flammarion - octobre 2006

Lecteur, lectrice, vous êtes imbattables sur le chapitre de la politesse. Vous ne mettez pas vos coudes sur la table ni vos doigts dans le nez ; vous dites aimablement merci et s'il vous plaît. Mais savez-vous seulement... que les révolutionnaires tentèrent d'interdire aux Français le vouvoiement et les voeux de Nouvel An ? Que l'on pouvait encore, sous la monarchie de Juillet, manger la salade avec les doigts, mais que l'on encourait l'excommunication mondaine, ce faisant, sous le second Empire ? Qu'une grande dame disposait de centaines de cartes à son nom, qu'elle faisait déposer, cornées de savante façon, au domicile de ceux à qui elle rendait visite ? Qu'à un domestique de bonne maison il était interdit d'arborer une moustache ? Que le baisemain, cet hommage galant que l'on croit immémorial, est apparu en France au tout début du XXe siècle seulement ? Qu'il était fort impoli, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, de louer une maîtresse de maison pour la qualité des mets qu'elle proposait à ses convives ? Connaissez-vous le sens des lettres p.p.c. ou p.p.n. ? L'art difficile, pour celui qui devait tenir son rang, de recevoir avec une domesticité fort réduite après la Grande Guerre ? Les règles de la courtoisie en automobile ou au téléphone, telles qu'elles nous gouvernent encore aujourd'hui ? Pour découvrir l'histoire de la politesse, ses marées subtiles, ses modes byzantines et ses flirts occasionnels avec le bon sens, laissez-vous entraîner dans les arcanes du Bottin mondain et dans les salles à manger bourgeoises, aux courses et à l'opéra, dans les ambassades et les maisons closes, en compagnie de vos mentors : la baronne Staffe et autres auteurs de manuels de savoir-vivre lus par des millions de Français depuis deux siècles, mais aussi Mme de Genlis, Balzac, Alexandre Dumas, Proust, Robert de Montesquiou, Sacha Guitry, Hermine de Clermont Tonnerre et Nadine de Rothschild... Vous ne le regretterez pas.
- 4ème de couverture -

 

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 22:29

     Cent millions de morts ne nous détourneraient pas de notre idée fixe : aller plus vite, courir plus vite. Aller vite, mais aller où ? ah ! comme cela vous importe peu de savoir où vous allez, imbéciles !… " Le café au lait à Paris, l'apéritif à Chandernagor et le dîner à San Fransisco, voyons, tu te rends compte ? "… " Paris-Marseille  en un quart d'heure, c'est formidable ! ". Car vos fils et vos filles peuvent crever, le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l'éclair. Que fuyez-vous donc ainsi ? Hélas ! c'est vous que vous fuyez.

  *

             Un cri d'homme, allez, c'est quelque chose, c'est quelque chose qui demain n'aura pas de prix, lorsqu'on n'entendra plus, jour et nuit, sur les hauts lieux de l'Esprit, que le tic-tac des machines à écrire, s'efforçant de couvrir celui des mitrailleuses.

 *

              Le danger n'est pas dans la multiplication des machines, mais dans le nombre sans cesse croissant d'hommes habitués dès leur enfance, à ne désirer que ce que les machines peuvent donner.

 *

    Est-il encore un coin du monde où l'Enfant Jésus puisse naître ? Les chrétiens n'ont même pas l'air de se poser la question, ils sont bien trop satisfaits d'eux-mêmes. On transporterait d'un seul coup ces gens-là en enfer, avec leurs pasteurs, qu'ils ne s'en apercevraient probablement pas, ils y organiseraient un congrès, feraient la quête, et négocieraient un concordat avec le Diable.   

  La masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu'ils ont d'eux-mêmes.

  *

             L'intellectuel est si souvent imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire.

 *

             Lorsque tout le monde raisonnera sur l'amour, l'acte même de l'amour deviendra bientôt ridicule. L'usage s'en prolongera peut-être quelque temps encore sous des formes contre nature, jugées plus intellectuelles, l'onanisme et la sodomie, et le monde finira.

 *

   ( L'érotisme ) – Ce fameux thème ne vaut rien. Ceux qui l'exploitent n'échappent pas à l'obscénité que pour tomber dans une sorte de préciosité sinistre. Leurs expériences nous embêtent, parce que nous sentons confusément leur impuissance et qu'ils n'en finissent pas d'épuiser, jusqu'au seuil de la vieillesse, les images délirantes de la puberté.

  *

  ( La liberté ) – surtout, ne la confiez pas aux mécaniciens, aux techniciens, aux accordeurs, qui vous assurent qu'elle a besoin d'une mise au point, qu'ils vont la démonter. Ils la démonteront jusqu'à la dernière pièce et ils ne la remonteront jamais.

 Extraits de   " Bernanos en verve "  ( Pierre Horay éditeur 1973 ) 

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 09:57

 

 La fin des travaux de rénovation de la cathédrale de la Treille de Lille, suivie de l'inauguration de sa nouvelle façade, nous donne l'occasion de présenter une bande dessinée parue en 1998,

 " Lille, Cité de la Vierge, son histoire ".

 Au commencement, Lille est «  l'isle. ». La ville est en effet née sur un tertre bercé entre les bras de la Deule.

 Fait historique ou légende, tout commence vers l'an 600 avec le duel de Lydéric et Phinaert La BD commence d'ailleurs par l'attaque, par une bande de brigands à la solde de Phinaert, du comte de Dijon Salvaert et de son épouse Hermengarde. Celle-ci s'échappe et donne naissance à un fils. La Vierge lui apparaît pendant son sommeil et lui annonce que l'enfant vengera son père et délivrera l'île de la tyrannie. La mère est capturée et le fils recueilli par un vieil ermite qui lui donne son nom : Lydéric. Plus tard, Lydéric tuera Phinaert en duel et libérera sa mère.

 Lille devient rapidement l'une des villes des Flandres qui comptent et qui suscitent les convoitises.

 Son  histoire apparaît fortement liée aux conflits politiques et aux histoires de familles : Lille se trouvera tour à tour flamande, française, bourguignonne, autrichienne, espagnole, et finalement française.

Vers 1055, le comte de Flandre Baudouin V, vassal du roi de France, fait bâtir la Collégiale Saint-Pierre. Elle est inaugurée en 1066 en présence du roi de France, Philippe Ier, qui n'a que 7 ans.

Pourquoi " la treille ", dira-t-on ? Parce que dans une chapelle de la Collégiale, une statue de Marie portant l'Enfant Jésus était entourée d'une treille de fer, "peut-être destinée à recevoir les dons et les ex-votos, ou, tels les chanceliers des rois qui paraissaient séparés du peuple par un treillis de fer, recevaient les doléances et distribuaient les grâces au peuple "

 1214 : Bouvines. C'est la fameuse bataille où Philippe Auguste est confronté à une formidable coalition qui comprend principalement : Othon IV empereur de Germanie, Ferrand comte de Flandre, Renaud comte de Boulogne. Après sa victoire qu'on a pu qualifier de miraculeuse, Philippe Auguste va s'agenouiller devant ND de la Treille pour la remercier. Il ne s'approprie pas la Flandre mais en laisse le gouvernement à la Comtesse Jeanne, épouse de Ferrand ( elle a donnée son nom, ou plutôt son titre,  à l'Hospice Comtesse ).

A partir de 1254, les miracles se multiplient autour de ND de la Treille : Elle devient lieu de nombreux pèlerinages et la comtesse Marguerite  décide de fonder la confrérie de la Charité Notre-Dame.

 Pourquoi  Lille est-elle appelée " Cité de la Vierge " ? Parce qu'en 1634, le Mayeur Jean Le Vasseur consacre la cité qui prend alors officiellement ce titre.

 Autre repère historique important : 1667, car la ville capitule devant les armées de Louis XIV.

 En 1668 : le traité d'Aix-la-Chapelle signé avec l'Espagne consacre le rattachement de  Lille  au Royaume de France.

 Vient la Révolution. En 1793, la Collégiale est détruite. La statue de Notre-Dame est découverte dans les ruines par un ancien sacristain, Alain Gambier. Tels les premiers chrétiens dans les catacombes, Gambier et ses amis iront la prier dans les égouts de la ville.

 C'est vers 1850 qu'est décidée la construction d'une église «  de type ogival de la première moitié du XIIIe siècle ». La première pierre est posée en 1854. En 1913, la basilique devient cathédrale.

 Une façade provisoire faite «  de bric et de broc » restera telle quelle durant des dizaines d'années, si bien que les lillois et les visiteurs en auront une image défigurée.

 En fait, il aura fallu attendre un siècle et demi pour voir l'achèvement du bâtiment.

Le 19 novembre 1999, la nouvelle façade est inaugurée par Mgr Defoix, évêque de Lille.

 Cette façade, un voile de marbre translucide du Portugal, de 200 m2, suspendu à une résille de câbles d'acier. Une rosace en verre du peintre Ladislas Kijno représente la Résurrection, tandis qu'un imposant portail de bronze a été forgé par Jeanclos.

 La fin des travaux est prévue pour 2004, année où Lille sera capitale européenne de la culture.

 En attendant, à l'occasion de l'Année Sainte,  la cathédrale est réouverte aux fidèles.

 Ajoutons qu'une bande dessinée, c'est l'alliance d'un texte et de dessins : ceux-ci sont de qualité et la ligne en est claire.

 Est  jointe une feuille de " prières anciennes et modernes à Marie, Notre-Dame", proposée aux lecteurs chrétiens.

 C'est un livre à lire, à faire lire, à offrir.

 Il est disponible chez les libraires comme dans plusieurs supermarchés et " grandes surfaces ".

 Chez le même éditeur, on  trouve également " La télévision, viol des consciences " de Michel-Constant Verspieren.     

                                                                                             

" Lille, Cité de la Vierge, son histoire " de Charlie KIEFER, Julien  Guy LEHIDEUX, Editions FAVER 

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 22:45

 

 «Mondialement connu comme dramaturge (Américains, Egyptiens ou Coréens lui ont consacré des thèses entières en Sorbonne), Jean Anouilh est cependant moins connu en tant que journaliste». Il a pourtant écrit une centaine d’articles divers entre 1940 et 1987.

En les parcourant, on se rend compte, si besoin était, que le théâtre est d’abord… un métier : «je suis un ouvrier de théâtre» dit-il fièrement. «Mon père était coupeur-tailleur. C’était un homme fin et simple, et qui connaissait merveilleusement son métier. Il en avait les fiertés et les exigences. (…) Faire oublier pendant trois heures leur condition aux hommes, et la mort, c’est un bon métier, et utile : pas besoin de s’engager davantage».

Ce bon métier, on en découvre les difficultés bien concrètes : pour le théâtre qui ne vit pas que de subventions -celui d’Anouilh- le public est l’un des acteurs de la pièce…

L’auteur nous amène sur la scène et dans les coulisses, et même dehors. On y rencontre Pierre Fresnay, Louis Jouvet, dont il fut le secrétaire, Jean Vilar, Françoise Rosay, Vitrac, Barsacq, Dullin, les Pitoëff, Brasillach, les Frères Jacques, et la jeune fille qui veut faire du théâtre.

On y rencontre aussi Racine, Marivaux, Shakespeare, Tchekhov. Anouilh nous raconte même la mort de Molière comme s’il y était. A propos du «saint patron» : «Grâce à Molière, le vrai théâtre français est le seul où on ne dise pas la messe». Car Anouilh n’aime pas le théâtre «des chanoines du T.N.P. (Théâtre National Populaire) et des Maisons de la Culture».

«Dans dix ans - écrit-il en 1962 - on redécouvrira l’amour - ce vieux ressort humain qui a résisté déjà à quelques civilisations, comme un thème valable et susceptible d’infiniment plus de variations que la constatation uniforme de l’absurdité de la condition humaine (dont les bons esprits de l’Antiquité se doutaient déjà)». Ailleurs : «Ce sont les psychanalysés de maintenant qui sont clairs comme de l’eau de roche à force de s’expliquer. Nos classiques gardaient les clefs de leurs abîmes».

Anouilh évoque à plusieurs reprises les relations théâtre-Eglise, pour justifier l’excommunication des comédiens et dire qu’archevêque, il aurait interdit Tartuffe…Mais est-il sérieux ?

Il se dit « mauvais catholique, mais catholique ». Le futur Jean XXIII, sortant du film «Monsieur Vincent», dira à Pierre Fresnay qui joue Vincent de Paul : «Après ce qu’a fait M.Anouilh, il ne peut plus être damné».

Vous trouverez ou retrouverez dans ces pages l’Anouilh des pièces : drôle et parfois cynique, sans illusion sur la nature humaine et nostalgique de l’enfance, peu soucieux de plaire mais soucieux quand même de remplir sa salle.

«C’est merveilleux de découvrir jusqu’au bout de nouveaux secrets et on sait qu’on mourra gamin. Il y a peu de métiers qui donnent une telle plénitude à la vie».

Le théâtre, «une baraque chaude où l’on venait jouer à faire semblant, comme lorsqu’on était petit».

Philippe V

Jean ANOUILH, En marge du théâtre. Articles, préfaces, etc. - La Table Ronde - 2000

Textes réunis et annotés par Efrin Knight 

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 13:04

A l'occasion des 400 ans de Corneille, né le 6 juin 1606,

et oublié des medias.

 

 

 

 

Imitation de

Jésus-Christ

 Traduite & paraphrasée

 

 

en Vers François par

 monsieur

 

 

Pierre Corneille
DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

J'ai dessein, toute au long de l'an 2000, de publier sur Internet, ce très beau texte de la littérature religieuse, traduit et mis en vers par Pierre Corneille. Cela dans le but de souligner l'avènement du 3e millénaire et de remercier Celui qui, avec les humbles progrès de la médecine, est responsable de la rémission dont je profite présentement.
Fernand Prince, ouaibemestre.

 La Page@PRINCE

 

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 09:33

 

Chesterton ne s'est pas contenté de créer des caractères, il a lui-même été un caractère au sens le plus fort du mot. Lorsqu'il apparaissait quelque part, brandissant une canne en forme d'épée, sa silhouette corpulente (300 livres) enveloppée d'une cape, coiffé d'un chapeau bosselé et portant de minuscules lunettes lui tombant sur le bout du nez, sa présence provoquait l'amusement des spectateurs. Ce qui ne l'empêcha pas d'être l'un des hommes les plus aimés de son temps. Même ses adversaires lui vouaient une grande affection. Son humilité, son émerveillement devant la vie, sa bonté gracieuse et sa joie de vivre le mettaient à part non seulement des artistes et des célébrités mais de tout être humain.

Gigantesque par le corps, vaste par l'esprit, Chesterton fut un géant à tous égards. Ce géant, même s'il est encore de nos jours souvent cité, est pourtant méconnu en raison même de son envergure: nous avons sans doute intérêt à nous dissimuler à quel point il avait vu clair lorsqu'il dénonçait l'envahissement de la pensée et de la vie par le matérialisme, le relativisme de la morale, le rejet de la religion, la censure exercée par la presse (par opposition à celle exercée contre la presse), l'enlaidissement des arts, la montée de ces deux maux si liés l'un à l'autre que sont les grandes entreprises et les gouvernements mondiaux avec leurs conséquences: la dépendance à l'égard du revenu et la perte de la liberté individuelle. Les mots de Chesterton sonnent plus vrais encore de nos jours que lorsqu'ils furent écrits, il y a plus de soixante ans. Et malgré le sérieux des sujets qu'il a traités, il ne manque jamais de le faire avec un humour, un esprit et une gaieté débordante. Ses éclats de rire nous sont plus nécessaires que jamais!

N'est-ce pas de lui-même qu'il parle quand il écrit: "He is a [sane] man who can have tragedy in his heart and comedy in his head." [L'homme sain est celui qui a un coeur tragique et une tête comique.]

À rapprocher de cet aphorisme espagnol :

"El mundo es una tragedia para los que sienten y una comedia para los que piensan." [Le monde est une tragédie pour ceux qui sentent et une comédie pour ceux qui pensent.]

Chesterton disait aussi: "The mad man is the one who has lost everything but his reason." [Le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison.]

relevé sur http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Gilbert_Keith_Chesterton

à propos de la parution de "Le paradoxe ambulant", 59 essais, chez ACTES SUD.

Un site américain :

http://www.chesterton.org/

Des textes (en anglais) sur :

http://www.dur.ac.uk/martin.ward/gkc/books/

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 21:18

 

Sentinelle de l'invisible  

 Editions Bénédictines

 Avril 2005  166 pages 18,00 €

 

 

 

Essai d'une chrétienne sur la femme


"A qui donc aura la grâce de lire ce bel et bon livre, nous conseillons de le faire moins par curiosité qu'en esprit de prière et de contemplation. Ils en tireront alors lumière et ferveur dans la pratique de leur foi, et surtout, nous en sommes convaincus, la conviction qu'après Dieu, l'avenir du monde est entre les mains de ses filles. N'ont-elles pas reçu déjà, dans l'Ancien Testament, les vocations de prophètes qui ont préparé la venue du Messie ? Extrait de la préface du Père F. Marlière.
4 chapitres : La femme symbole de l'humanité. Femme souffrante et co-rédemptrice. Le voile mystique de la femme : un sanctuaire. Conclusion : "La femme pour l'homme".

Marie Bobin

 

Marie a 23 ans, est titulaire d'une maîtrise de philosophie, et vit pour l'heure avec sa famille, la consécration au "Père des miséricordes" dans la communauté Nazareth (Diocèse de Cambrai) dont une des bénédictions est de vivre sous le patronage de la Vierge sainte et de saint Joseph.

Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article
23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 19:37
   
 
Nassim, l'enfant du Liban, est jeté «sur les chemins de nulle part» par le drame qui ensanglante son pays. Nous partageons la vie heureuse de son village de montagne, la tristesse de l'orphelinat, l'amitié du petit Jad, «l'enfant au cœur de mère». Le Père Labaky réussit à nous conduire sur les chemins de la tendresse, du sourire et de la poésie à travers les ruines de son pays massacré. Tous les amis du Liban, mais aussi tous ceux qui aiment l'enfance, trouveront dans ces pages pudiques et belles plus qu'un témoignage: un petit chef-d’œuvre de sensibilité et d'amour. Nous y apprendrons plus sur le Liban, son drame, son âme, ses habitants que dans bien des analyses politiques ou sociologiques. Le Père Labaky met au service de la cause des enfants innocents un exceptionnel bonheur d'expression.
Prêtre libanais, poète et compositeur, le Père Mansour Labaky a été ordonné le 26 mars 1966. Il était curé de Damour, une ville qui a subi un sort identique à celui d'Oradour-sur-Glane en France en 1944.
Le Père Labaky a écrit plusieurs ouvrages (Kfar Sa ma, L'Enfant du Liban, Mon vagabond de la lune) et va dans tous les pays où il est invité pour parler du Liban et de la foi.
En 1987, ont été décernés à L'Enfant du Liban le Prix de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, le Prix SaintExupéry/Valeurs-Jeunesse, le Prix Francophonie
Repost 0
Published by ISP - dans Lire
commenter cet article