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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 22:02

 

 Le scandale de l’univers n’est pas la souffrance, c’est la liberté. Dieu a fait libre sa création, voilà le scandale des scandales, car tous les autres scandales procèdent de lui. Oh ! je sais bien, nous paraissons être ici en pleine métaphysique. Que voulez-vous que j’y fasse ? Si je me fais mal comprendre de quelques-uns d’entre vous, c’est que je me serai mal expliqué, voilà tout. Expliquer d’ailleurs, à quoi bon ? Il y a en ce moment, dans le monde, au fond de quelque église perdue, ou même dans une maison quelconque, ou encore au tournant d’un chemin désert, tel pauvre homme qui joint les mains et du fond de sa misère, sans bien savoir ce qu’il dit, ou sans rien dire, remercie le bon Dieu de l’avoir fait libre, de l’avoir fait capable d’aimer. Il y a quelque part ailleurs, je ne sais où, une mère près de son enfant mort qui offre à Dieu le gémissement d’une résignation exténuée, comme si la Voix qui a jeté les soleils dans l’étendue ainsi qu’une main jette le grain, la Voix qui fait trembler les mondes, venait de lui murmurer doucement à l’oreille : ‘’Pardonne-moi. Un jour, tu sauras, tu comprendras, tu me rendras grâce. Mais maintenant, ce que j’attends de toi, c’est ton pardon, pardonne’’. 

 Georges Bernanos, « Nos amis les saints », dans le recueil intitulé : La liberté, pour quoi faire ?

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17 septembre 2006 7 17 /09 /septembre /2006 08:41

il est possible de découvrir d'autres oeuvres de Fleur Nabert sur son beau site personnel www.fleurnabert.com

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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 20:45

 

C'est embêtant, dit Dieu. Quand il n'y aura plus ces Français,
Il y a des choses que je fais, il n'y aura plus personne pour les comprendre.

Peuple, les peuples de la terre te disent léger
Parce que tu es un peuple prompt.
Les peuples pharisiens te disent léger
Parce que tu es un peuple vite.
Tu es arrivé avant que les autres soient partis.
Mais moi je t'ai pesé, dit Dieu, et je ne t'ai point trouvé léger.
O peuple inventeur de la cathédrale, je ne t'ai point trouvé léger en foi.
O peuple inventeur de la croisade, je ne t'ai point trouvé léger en charité.
Quant à l'espérance, il ne vaut mieux pas en parler, il n'y en a que pour eux.

Tels sont nos Français, dit Dieu. Ils ne sont pas sans défauts. Il s'en faut. Ils ont même beaucoup de défauts.
Ils ont plus de défauts que les autres.
Mais avec tous leurs défauts je les aime encore mieux que tous les autres avec censément moins de défauts.
Je les aime comme ils sont. Il n'y a que moi, dit Dieu, qui suis sans défauts. Mon Fils et moi. Un Dieu avait un Fils.
Et comme créatures il n'y en a que trois qui aient été sans défauts.
Sans compter les anges.
Et c'est Adam et Eve avant le péché.
Et c'est la Vierge temporellement et éternellement.
Dans sa double éternité.
Et deux femmes seulement ont été pures étant charnelles.
Et ont été charnelles étant pures.
Et c'est Eve et Marie.
Eve jusqu'au péché.
Marie éternellement.

Nos Français sont comme tout le monde, dit Dieu. Peu de saints, beaucoup de pécheurs.
Un saint, trois pécheurs. Et trente pécheurs. Et trois cent pécheurs. Et plus.
Moi j'aime mieux un saint qui a des défauts qu'un pécheur qui n'en a pas. Non, je veux dire:
J'aime mieux un saint qui a des défauts qu'un neutre qui n'en a pas.
Je suis ainsi. Un homme avait deux fils.
Or ces Français, comme ils sont, ce sont mes meilleurs serviteurs.
Ils ont été, ils seront toujours mes meilleurs soldats dans la croisade.
Or il y aura toujours la croisade.
Enfin ils me plaisent. C'est tout dire. Ils ont du bon et du mauvais.
Ils ont du pour et du contre. Je connais l'homme.
Je sais trop ce qu'il faut demander à l'homme.
Et surtout ce qu'il ne faut pas lui demander.
Si quelqu'un le sais c'est moi.

Charles Péguy

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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 19:44

Rien n’est beau comme un enfant qui s’endort en faisant sa prière, dit Dieu.
Je vous le dis, rien n’est aussi beau dans le monde.
Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau dans le monde.
Et pourtant, j’en au vu des beautés dans le monde.
Et je m’y connais, ma création regorge de beautés.
Ma création regorge de merveilles,
Il y en a tant qu’on ne sait pas où les mettre.
J’ai vu des millions et des millions d’astres rouler sous mes pieds comme les
Sables de la mer.
J’ai vu des journées ardentes comme des flammes,
Des jours d’été de juin, de juillet et d’Août.
J’ai vu des soirs d’hiver posés comme un manteau.
J’ai vu des soirs d’été calmes et doux comme une tombée de paradis.
Tout constellés d’étoiles.
J’ai vu ces coteaux de la Meuse et ses églises qui sont mes propres maisons
Et Paris, et Reims, et Rouen, et des cathédrales qui sont mes propres palais
Et mes propres châteaux.
J’ai vu la capitale du Royaume et Rome, capitale de la chrétienté
J’ai entendu chanter la Messe et les triomphantes vêpres.
Et j’ai vu ces plaines et ces vallonnements de France,
Qui sont plus beaux que tout.
J’ai vu la profonde mer, et la forêt profonde, et le cœur profond de l’homme.
J’ai vu des cœurs dévorés d ‘amour
Pendant des vies entières,
Perdus de charité,
Brûlant comme des flammes.
Et j’ai vu les vies tout entières, de la naissance à le mort,
Du baptême au Viatique,
Se dérouler comme un bel écheveau de laine ;
Or, je le dis, dit Dieu, je ne connais rien d’aussi beau dans tout le monde,
Qu’un petit enfant qui n’endort en faisant sa prière,
Sous l’aile de son ange gardien,
Et qui rit aux anges en commençant de s’endormir ;
Et qui mêle déjà tout ça ensemble, et n’y comprend plus rien…
Et qui fourre les paroles du Notre Père à tort et à travers, pêle-mêle, dans les
Paroles du Je vous salue Marie.
Pendant qu’un voile déjà descend sur ses paupières,
Le voile de la nuit sur son regard et sur sa voix.

Charles Peguy, Le mystère des Saints Innocents
 
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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 22:25

 

Ne dis pas :  trop pauvre ! Donne ce que tu as.

Ne dis pas : trop faible ! Lance-toi en avant.

Ne dis pas  : trop ignorant ! Dis ce que tu sais.

Ne dis pas : trop vieux ! Donne tes dernières forces et ton expérience.

N e dis pas : j'en mourrai ! Meurs et tu revivras et tu feras vivre

Si le fardeau est trop lourd, pense aux autres.

Si tu ralentis, ils s'arrêtent.

Si tu t'assois, ils se couchent.

 

Si tu te couches, ils s'endorment.

Si tu faiblis, ils flanchent.
Si tu doutes, ils désespèrent.

Si tu hésites, ils reculent.

Mais, si tu marches, ils courent.
Si tu cours, ils volent.

Si tu donnes la main, ils te soutiendront et t'aideront.

Si tu les prends en charge, ils te porteront.

Prie en leur nom, tu sera exaucé.

Risque ta vie ! Mange ta mort et tu vivras.

Donne ce que tu as reçu et tu recevras toujours plus. Amen. Alléluia.

 Père Monier ( 1886-1977 )

 

 

 

 

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23 août 2006 3 23 /08 /août /2006 21:02

Vicaire épiscopal de Beyrouth, Mgr Mansour Labaky accueille à Mansourieh, dans le foyer Notre-Dame du Sourire, plus d'une trentaine de familles réfugiées en provenance du sud de Beyrouth et du Liban-Sud. Son article, intitulé : "La paix inculquée à coups de haine ?", est un chant d'espérance :

 "La haine, partie à fond de train, broie, mutile, dévore tout ce qui lui tombe sous la dent. Et la tendresse des enfants pleure et prie. Sur les écrans des télévisions, nous voyons ces bouquets d'enfants entassés dans un hall municipal, une église, une salle de classe ou un abri de fortune. Un tremblement d'être nous saisit et nous fait perdre cœur.

 Ces merveilleuses petites fleurs sont coupées du monde, mais pas du ciel. Elles s'éveillent dans le matin sans vie. Dans ce silence des ténèbres, l'amour est leur seule certitude. Elles s'éveillent au-delà de la peur, et leur premier regard est sourire. Elles n'attendent plus rien d'un monde qui a sauvagement détruit leurs jardins de tendresse. Alors pourquoi sourient-elles ? Elles plongent dans la confiance absolue, celle du cœur. Celle qui s'obstine à chanter, lorsque la raison a toutes les raisons de désespérer. Celle qui est incompatible avec la peur. Celle qui reçoit tout en donnant tout, parce qu'elle accueille l'immensité de l'amour. Cet amour qui leur est distillé par les parents, les voisins, les aînés, les secouristes, les Bons Samaritains tabernacles de la Charité de Dieu sur terre.

 [...] Les enfants de mon pays sont notre raison d'espérer. Sur leur interminable chemin de croix, ils rencontrent, Dieu merci, quelques Simon de Cyrène. Des chefs d'État et des décideurs.
[...] Le proverbe Libanais stipule que "l'œil du souffrant est étroit". Il voit tout et se remémore tout. [...] Dans la nuit, il est impératif de croire à la lumière."

  Michel Janva

Posted on juillet 21, 2006 at 11:30 AM | Permalink | Commentaires (3)

 relevé sur http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 22:46

 

Si peu d'œuvres pour tant de fatigue et d'ennuis !

De stériles soucis notre journée est pleine;

Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,

Nous pousse, nous dévore, et l'heure utile a fui.

Demain, j'irai voir ce pauvre chez lui;

Demain, je reprendrai ce livre à peine ouvert;

Demain, je te dirai, mon âme, où je te mène;

Demain, je serai juste et fort : pas aujourd'hui !

Aujourd'hui : que de soins, de pas et de visites !

Oh l'implacable essaim des devoirs parasites,

Qui pullulent autour de nos tasses de thé !

Ainsi chôment le cœur, la pensée et le livre

Et pendant qu'on se tue à différer de vivre,

Le vrai devoir, dans l'ombre, attend la volonté.

Sully Prud'homme

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1 juillet 2006 6 01 /07 /juillet /2006 17:51

     Voulez-vous vous rendre compte de l'influence du Christianisme sur la civilisation ? Supposez un moment qu'il n'a pas existé. Effacez par la pensée ce qui subsiste de lui dans les trois domaines du beau, du vrai et du bien. Commencez par les arts plastiques. Entrez dans tous les musées et décrochez des murailles, à l'exemple des édiles, l'image du Christ. Faites disparaître tous les tableaux où figurent la Vierge et Dieu. Emportez les toiles ou les statues qui représentent des saints, des martyrs, des apôtres. Après la peinture et la sculpture, passez à l'architecture et jetez bas les cathédrales. Après l'architecture, la musique. Rayez du nombre des compositeurs Haendel, Palestrina, Bach et tant d'autres . Expurgez l'œuvre de Beethoven, de Mozart, de Pergolèse, de Rossini,  de tout ce qui a été inspiré par la religion chrétienne. Entrez ensuite dans la sphère de la pensée et de la poésie. Supprimez Bossuet , Pascal, Fénelon, Massillon; ôtez Polyeucte à Corneille, Athalie à Racine… Poursuivez le nom du Christ dans les vers de Lamartine, de Victor Hugo et même de Musset. Ce n'est pas tout. Faites un pas de plus. Détruisez aussi les hôpitaux, car le premier hôpital fondé dans le monde a été fondé par une femme chrétienne. Supprimez les Saint-Vincent de Paul, les Saint-François d'Assise. Effacez enfin toutes les traces qu'a laissé sur la Terre le sang de Celui que j'entends quelquefois appeler le "pendu". Puis, cette besogne accomplie retournez-vous, embrassez d'un long coup d'œil les dix-huit cents ans échelonnés derrière vous, et regardez sans épouvante, si vous le pouvez, le vide que fait, à travers les siècles, cette seule Croix de moins dans le monde.

Ernest Legouvé, Fleurs d'hiver

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5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 14:36

S'adressant a un groupe de dirigeants de haut niveau, un expert en management du temps posa un bocal à large ouverture sur la table devant lui.

Ensuite il sortit une douzaine de pierres grosses comme le poing et les placa soigneusement, une par une, dans le bocal. Quand celui ci fut rempli jusqu'au bord, il demanda : " Ce bocal est il plein ?".

Tout le groupe repondit "Oui". "Vraiment ?"

Il sortit de sous la table un seau de gravier qu'il versa dans le bocal. Il secoua ce dernier, et les graviers tombèrent dans les interstices entre les pierres. Souriant, il demanda au groupe : "et maintenant, ce bocal est-il plein ?"

"Probablement pas" dit quelqu'un.

"Bien".

Il sortit un seau de sable et le versa dans les interstices laissés par les pierres et le gravier. Et de nouveau, il demanda "ce bocal est il plein ?"

"Non" dit le groupe en coeur. "Bien ! " dit il a nouveau en sortant une carafe d'eau.

Quand il eut versé de l'eau jusqu'au bord, il regarda le groupe et demanda :

"à quoi sert cette expérience ?"

Un stakhanoviste leva le doigt et dit : "cela signifie qu'aussi bien rempli soit un programme, si on travaille dur, on peut toujours en faire un peu plus. "

"Non, la verité qu'illustre cette histoire c'est que si vous ne mettez pas les grosses pierres d'abord, vous ne pourrez pas les mettre du tout. Si le sable est mis en premier, il n'y aura de place pour rien d'autre.

Quelles sont les grosses pierres de votre vie ? Le projet que vous voulez realiser ? Du temps passé avec ceux que vous aimez ? Votre formation ? Votre compte en banque ? Une cause ? Accompagner d'autres gens ?

Demandez vous quelles sont les grosses pierres de votre vie professionnelle et personnelle (*) puis remplissez le bocal.

Rappelez vous que si vous ne mettez pas ces grosses pierres en premier, elles ne tiendront pas du tout."

(*) Je ne suis pas l'auteur de l'histoire... mais on pourrait rajouter "spirituelle".

relevé sur le site SERVIAM, Catholiques en ligne www.serviam.net

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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 09:24

 

(1) N’oublie pas que nous sommes tous dans le même bateau.

(2) Sois prévoyant : il ne pleuvait pas quand Noé a construit l’Arche.

(3) Respecte ton corps : Même très âgé tu pourrais avoir besoin de toutes tes forces.

 

(4) N’écoute pas les critiques, fais ce qui doit être fait.

 

(7) Ne mise pas tout sur la vitesse. Les escargots étaient dans la même Arche que les guépards.

 

(8) Reste modeste : c’est un amateur qui a construit l’Arche et des professionnels qui ont fabriqué le "Titanic".

 

(9) Le danger est en toi : dans l’Arche les termites étaient une menace plus grave que la pluie.

 

(10) Peu importe la tempête, quand Dieu est avec toi, l’arc-en-ciel n’est jamais loin.

(5) L’Homme n’est pas fait pour vivre seul. Deux têtes valent mieux qu’une. 

(6) Bâtis ton futur sur de hautes terres. 

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26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 12:34

 

Quand on songe à poser des actes d'envergure,

On risque d'atteler sa monture à rebours

Si l'on néglige ceux que l'existence obscure

Nous offre d'accomplir humblement tous les jours.

 

Sous le soleil de Dieu , marchons, l'âme sereine,

Jetant notre blé d'or en terre, à pleine main,

Sans trêve et sans compter, songeant que chaque graine

S'apprête à nous donner un épi blond, demain ! 

 

Sachons donc regarder, sans leur porter envie,

Le fêtard s'étourdir et l'avare amasser;

Nul ne savoure, au fond, les douceurs de la vie

S'il n'a pas su, d'abord, apprendre à s'en passer.

 Ghislain Van Houtte

 

 revue "Le Cep" n°27. 2ème trimestre  

 

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 17:54

Yvan AUDOUARD

LA PASTORALE DES SANTONS DE PROVENCE 

Pochette HA5711.
Ah les santons! Vous savez bien ces personnages du pays d'Oc, façonnés par les artisans des collines ensoleillées et qui, assistent chaque année à la naissance du doux Jésus. Yvan Audouard, le poète du coin, les a immortalisés dans son récit aux saveurs régionales, donnant à chaque personnage un rôle unique qui s'accorde si bien aux coutumes et gestes des habitants. Il y a là le meunier, le berger, la Mireille, la poissonnière et bien d'autres qui viennent saluer le divin enfant. Et pour croquer les rôles de tous ces villageois bien intentionnés, y compris l'âne, le boeuf et l'ange Boufaréou, des comédiens du meilleur cru interprètent pour nous cette pastorale, comme si vous étiez dans l'étable de Bethléem. JMV.

relevé sur http://www.lamediatheque.be   (extrait sonore)

disponible sur http://www.123famille.fr/

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 02:03

Dieu
tu as choisi de te faire attendre
tout le temps d'un Avent.

Moi je n'aime pas attendre
dans les files d'attente.
Je n'aime pas attendre mon tour.
Je n'aime pas attendre le train.
Je n'aime pas attendre pour juger.
Je n'aime pas attendre le moment.
Je n'aime pas attendre un autre jour.
Je n'aime pas attendre
parce que je n'ai pas le temps
et que je ne vis que dans l'instant.

Tu le sais bien d'ailleurs,
tout est fait pour m'éviter l'attente :
les cartes bleues et les libre services,
les ventes à crédit
et les distributeurs automatiques,
les coups de téléphone
et les photos à développement instantané,
les télex et les terminaux d'ordinateur,
la télévision et les flashes à la radio...
Je n'ai pas besoin d'attendre les nouvelles :
elles me précèdent.

Mais Toi Dieu
tu as choisi de te faire attendre
le temps de tout un Avent.
Parce que tu as fait de l'attente
l'espace de la conversion,
le face à face avec ce qui est caché,
l'usure qui ne s'use pas.
L'attente, seulement l'attente,
l'attente de l'attente,
l'intimité avec l'attente qui est en nous
parce que seule l'attente
réveille l'attention
et que seule l'attention
est capable d'aimer.

Tout est déjà donné dans l'attente,
et pour Toi, Dieu,
attendre
se conjugue Prier.

Jean Debruynne,

Extrait de Ecoute Seigneur ma prière, Prier/DDB

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 01:32

Or donc quand l'ange eut claironné
Dans le Ciel à la ronde,
Que l'Enfant miracle était né
Pour le salut du monde.

Tous les animaux à la fois
De tout poil, tout plumage
Quittant leurs déserts, ou leurs bois.
Lui rendirent hommage.

Et tous, fauves ou familiers,
Ils fêtèrent en somme
Selon qu'ils étaient outillés
Le cher petit bonhomme.


Le lion fut conquis du coup
Lui lécha ses menottes
Le tigre ronronna, le loup
Lui montra ses quenottes

Un éléphant de Singapour
Lui donna - pauvre brute-
Une de ses défenses pour
Qu'il s'en fit une flûte.

Le bison de joyeuse humeur
Lui fit palper sa bosse
Afin de lui porter bonheur.
Le serpent, si féroce,

Sembla sortir de quelque étui.
Et voyez la merveille:
Il fit peau neuve devant lui
Pour lui donner la vieille.

Le rhinocéros, Dieu merci!
A de la peau de reste.
Il donna de la sienne aussi
De quoi faire une veste.

La sarigue - c'est bien plus fort -
Voulait prendre le mioche,
Et, pour qu'il fut en plein confort,
Le fourrer dans sa poche.

Le boeuf, d'un museau familier
Lui tracassa la joue,
Et l'ours se mil à gambiller
Et le paon fit la roue.

La poule lui pondit des oeufs
Dans la main, les abeilles
Déposèrent un miel des Dieux
Sur ses lèvres vermeilles.

L'hippopotame le surprit
Par sa grimace pire...
Que voulez-vous? Il est écrit
Qu'il n'a pas le sourire.

Enfin, chacune à qui mieux mieux
De ces naïves bêtes,
Faisait sa cour au roi des Cieux
Quand sur ces entrefaites

Paraît un être sur le seuil...
Il avait l'air du singe
Et suait le vice et l'orgueil;
Avec ça trop de linge.

L'Enfant pensa se trouver mal
Se blottit dans sa couche:
- Non, non, pas de cet animal!
(Dit-il d'un ton farouche)

C’est l’homme! Je sais que c’est lui
À mon cœur qui se serre,
D’où me viendra tout mon ennui
Et toute ma misère.

 

Raoul Ponchon

Source imprimée
RAOUL PONCHON dans MARCEL COULON, Toute la muse de Ponchon
, Ed de la Tournelle, 1938.

 

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 00:59
On imagine très bien les hommes s'interrogeant
entre eux un matin du 26 décembre: « Mais, dites donc,
n'était-ce pas hier Noël ? - Noël ? Voyons, voyons,
nous étions hier le 24, consultez le calendrier... -
Alors, c'est aujourd'hui Noël ?… - Pas du tout, nous
sommes aujourd'hui le 26, fête de saint Étienne.
Étienne, c'est justement le nom de mon oncle. - Sacrebleu!
il y a maldonne, on devrait téléphoner aux savants
de l'Observatoire. Après tout, ils sont payés pour mesurer
le temps, il faudra bien qu'ils nous rendent compte
d'un jour de moins... »
Mais les savants de tous les observatoires du monde
multiplieraient en vain leurs calculs, personne ne
retrouverait jamais les vingt-quatre heures mystérieusement
perdues. Comme la guerre de Troie du pauvre
Giraudoux, Noël n'aurait pas eu lieu!
Car on est en droit de se demander s'il y aurait encore
longtemps des nuits de Noël, avec leurs anges et leurs
bergers, pour ce monde féroce, si éloigné de l'enfance,
si étranger à l'esprit d'enfance, au génie de l'enfance,
avec son réalisme borné, son mépris du risque, sa haine
de l'effort qui inspire la plupart de ses rêveries mécaniques
- de la fusée interplanétaire à la cellule photoélectrique
grâce à laquelle les portes s'ouvrent toutes
seules - haine de l'effort qui s'accorde beaucoup
moins paradoxalement qu'on ne pense à son délire
d'activité, à son agitation convulsive.
(…)
Chers jeunes lecteurs auxquels ces lignes, écrites à
propos de Noël, paraîtront sans doute bien austères,
méfiez-vous! Il ne s'agit pas ici d'une simple controverse
scolaire entre les Anciens et les Modernes... Lorsque
l'esprit de jeunesse s'affaiblit dans le monde, c'est
l'Esprit de Vieillesse qui l'emporte.
(…)
 
Georges Bernanos
L'Intransigeant, 25 décembre ...1947.
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