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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 20:19

Je suis patriote. C'est coco, hein ? En 1975 !

 Appartenir longtemps à la Comédie-Française rend patriote. Vous promenez partout dans le monde vos malles timbrées de la cocarde bleu-blanc-rouge, emplies des nippes merveilleuses de la vieille France. Et partout dans le monde cette France ambulante est saluée, couverte de bravos, de bouquets, d'amour. Irrésistiblement, les cœurs des baladins qu'elle loge prennent la couleur bleu-blanc-rouge. J'ai vu les plus beaux lieux du monde. J'aime la France mille fois plus que tout autre lieu au monde. Peut-être parce que je suis français?  Sans doute parce que j'ai souvent été le point de convergence de milliers d'amours de la France. Il est sans cesse rappelé au Comédien-Français qu'il est le vivant maillon d'une tradition patrimoniale.

Jacques Charon, « Moi, un comédien »

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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 20:08




" que signifie "responsable" ?
Ça signifie exactement que la logique n'étant pas capable de saisir les événements à venir dans toute leur complexité, il est impossible de réduire les hommes au rôle de rouages d'une machine qui aurait pour mission de créer.
Chaque fois que l'on fonde un organisme, on dessert -par définition- la création.
Chaque fois que l'on crée une pente dans un homme, on sert la création.
Toujours cette image de l'eau. L'eau de votre baignoire qui pèse sur le plancher se débrouille toujours pour passer.
Au lieu de créer des organismes, vous feriez mieux de créer des chefs. Mais des chefs responsables. Et, le chef, s'il est responsable, vous verrez s'il accepte de ses subordonnés qu'ils ne soient pas, à leur tour, responsables.
Ce sera une belle cascade. Un miracle."

Antoine de Saint-Exupéry

relevé dans http://www.ifmp.org/

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 23:04

 

Ne dites pas que les temps sont mauvais,

c’est vous qui faites les temps.

Saint Augustin

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 00:34

 

César, Escartefigue et M. Brun boivent toujours du vin blanc. Claudine coupe des tranches de saucisson qu'elle dispose dans un plat.

 CLAUDINE

 Mon pauvre mari, moi, ça s'est passé d'une façon étrange. Une nuit, il me réveille. C'était le premier chant du coq. Il avait la figure un peu rouge, et la main sur la poitrine, il me fait: « Claudine, qu'est-ce que tu dirais si je mourais d'un seul coup ? » Moi, à moitié endormie, je lui fais : « Ça prouverait que tu n'es pas malin. » Et alors il me fait: « Eh bien, par conséquent, je ne suis pas malin. » Et toc ! Il est mort.

 (...)

 HONORINE

 Ça, au moins, c'est une belle mort.

 CÉSAR

 Oh vaï ! C'est une belle mort pour les autres. Mais moi, j'aime mieux une laide vie qu'une belle mort...

 

 - film - 5035_3

"César", de Marcel Pagnol

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 09:51

Pour prendre une décision, il faut être un nombre impair.

Et trois, c'est trop.

Georges Clemenceau.

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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 11:17

Mesdames et Messieurs, lorsque vous pensez à la France, si vous ne l'avez jamais vue, ne pensez pas d'abord à ses bibliothèques et à ses musées, mais à ses belles routes pleines d'ombre, à ses fleuves tranquilles, à ses villages fleuris, à ses vieilles églises rurales, six ou sept fois centenaires, à ses villes illustres, toutes ruisselantes d'histoire, mais d'un accueil simple et discret, à nos vieux palais construits si près du sol, en si parfait accord avec l'horizon qu'un américain, habitué aux gratte-ciel de son pays, risquerait de passer auprès d'eux sans les voir. Et lorsque vous pensez à notre littérature, pensez-y comme à une espèce de paysage presque semblable à celui que je viens de décrire, aussi familier, aussi accessible à tous, car nos plus grandes œuvres sont aussi les plus proches de l'expérience et du cœur des hommes, de leurs joies et de leurs peines. C'est précisément parce que les siècles nous ont si profondément enracinés à notre sol, à notre terre, que nous pouvons opposer à la tyrannie un front invincible. La liberté n'est pas pour nous une abstraction, une image gréco-romaine, un souvenir de collège. Notre liberté est une réalité vivante et permanente que nos pères ont vue de leurs yeux, touchée de leurs mains, aimée de leur cœur, arrosée de leur sueur et de leur sang. Nos champs, nos villes, nos palais, nos cathédrales ne sont pas le symbole de notre liberté, mais notre liberté même, la liberté dont nous n'avons à rendre compte qu'à Dieu, que nous ne rendrons qu'à Dieu.  

Georges Bernanos 

 

 

 

 

Extrait d'une conférence donnée au Brésil en 1944 ou 1945.

 

In " Le lendemain, c'est vous ! " , Plon, 1969

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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 00:24

Pour se comprendre, la condition première est d'employer les mots dans le même sens. Keyserling cite quelque part Lao-Tseu qui dit à son empereur : "La première condition pour que l'ordre règne est la juste définition des choses. Quand les mots ne s'adaptent pas aux choses désignées, le peuple ne sait plus où mettre les pieds et c'est le désordre. " Je cite le sens, non la lettre dont je ne me souviens pas. (...)  L'opinion se nourrit d'impressions, toujours détruites et renouvelées au vent des événements, et ne trouve une certaine stabilité que dans la magie verbale, dans le formalisme verbal d'autant plus efficace qu'il utilise des mots inconsistants, dépourvus de signification précise, comme démocratie, liberté, égalité, fascisme, république, état, classe, etc. Tout un vocabulaire passe-partout que les démagogues utilisent en maîtres, des mots chargés d'affectivité explosive, le seul moteur des foules. A la tête des foules, un âne suffit.

Jean Coulonval, "Synthèse et Temps nouveaux", 1979, Lille

relevé sur  http://deflandres.over-blog.com/

 

 

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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 23:07

un texte de 2005...

A force de flirter avec ce que le monde de la recherche a produit de plus rebelle aux garde-fous éthiques, l’Association Française de lutte contre les Myopathies (AFM), organisatrice du Téléthon, est-elle devenue un des principaux promoteurs de l’eugénisme en France ?

Le "Comité pour sauver l’éthique du Téléthon" (CSET), qui s’exprimait quelques jours avant la nouvelle édition de l’évènement phare de la générosité nationale (2 et 3 décembre), a donné l'alerte. Coïncidence, la révélation d’un nouveau scandale éthique venu d’Extrême-Orient donne de l’eau à ce moulin, à cause des relations qui lient le chercheur français Marc Peschanski, que l’AFM a pris sous son aile, et le professeur coréen Hwang Woo-suk, modèle dont il ne cesse de vanter les mérites. Héros national en Corée du Sud, ce "pape" du clonage, devait être sacré à Paris le 24 novembre "homme de l’année 2005" au théâtre des Folies Bergères, lors de la cérémonie des Victoires de
la médecine.
Mais , comme la conférence de presse qu’il devait tenir aux côtés du professeur Peschanski sur les vertus du clonage humain "thérapeutique", son voyage a été annulé en catastrophe : on vient de découvrir que les propres collaboratrices du chercheur coréen ont été payées pour fournir son indispensable matière première : leurs précieux ovocytes. La communauté scientifique mondiale a aussitôt dénoncé une grave transgression. Le quotidien Le Monde se demande si le savant n’a pas perdu là le prix Nobel vers lequel sa carrière le conduisait tout droit. Hwang Woo-suk qui présidait depuis un mois un consortium international sur les cellules souches humaines a dû démissionner de toutes ses responsabilités scientifiques et gouvernementales.
Il explique "c’est ma façon de faire repentance" tout en essayant de se justifier. La tendance à prétendre balayer les obstacles éthiques au clonage, dès lors "qu’il n’y a pas d’alternative crédible" n’est pas une exception coréenne. C’est le credo du professeur Peschanski qui dirige la première équipe française autorisée à faire des recherches sur les cellules souches embryonnaires

Liberté totale au laboratoire

Or, depuis deux ans, l’AFM se flatte de l’héberger dans les locaux de son Généthon d’Evry (elle lui aura versé un million d’euros en 2005). Comme son sponsor privé, le scientifique français plaide depuis plusieurs années pour "une liberté totale" au laboratoire. Déjà, en mars 2001, l’Humanité explicitait sa dénonciation des "entraves tatillonnes et d’inspiration religieuse, qui freinent l’utilisation des cellules de fœtus, provenant d’IVG, pour des greffes neuronales." Sa conception ultralibérale de la recherche, récuse aussi les objections éthiques que la France continue d’opposer au clonage et à la création d’embryons à des seules fins de recherche. Ne cessant de dénoncer les "forces rétrogrades" qui s’opposent à ces transgressions et donc l’actuel gouvernement – il vient encore de protester contre la nomination de Claire Legras à la tête de l’Agence de Biomédecine – Marc Peschanski semble avoir trouvé avec le Généthon, un lieu en phase avec sa contestation du système de financement public et de régulation éthique de la recherche.

Idéologie cachée

Mais n’est-ce pas une fuite en avant dans laquelle les responsables actuels de l’AFM se sont laissés entraînés par certains chercheurs au risque d’occulter toute précaution éthique ?
C’est l’avis du docteur Xavier Mirabel , à l’origine de CSET. Lui-même père d’un enfant atteint de maladie chromosomique, il se dit "désolé d’un triple gâchis : d’argent, d’espérance et de véritables progrès scientifiques." Et d’expliquer son désarroi : "Le Téléthon a ouvert dans le cœur de nombreux français les vannes du dévouement au travers d’évènements sportifs, culturels, artistiques… Beaucoup ne se rendent pas compte de l’idéologie qui se cache désormais derrière cette fête. Mais comment leur faire comprendre la dérive que nous constatons sans les dégoûter de l’engagement bénévole et du don ?" Les responsables du Comité se disent d’autant plus "effarés par le virage pris par le Téléthon" qu’ils reconnaissant "l’extraordinaire élan de générosité des Français, qui a permis à de nombreux malades d’être mieux considérés", tout en soulignant "les avancées considérables dues à l’AFM, tant dans le domaine de la recherche fondamentale que dans l’aide à la vie quotidienne de personnes souffrant de maladies génétiques".

C’est aussi l’avis de nombreuses personnes concernées par le handicap qui ont déjà rejoint le CSET pour que l’AFM retrouve sa vocation originale : "Je frémis à l’idée qu’un diagnostic prénatal aurait pu ne pas laisser vivre mon fils, mort à 19 ans d’une maladie génétique", écrit Jean-Jacques. "Suis-je condamnée à choisir entre ma vie et le sacrifice d’embryons humains?" questionne une personne malade. Pour un ancien responsable de l’AFM "le désir de guérir à tout prix a peut-être fini par aveugler ses dirigeants actuels". A moins que ce ne soient les espoirs déçus de la thérapie génique. Car la dérive ne date pas d’hier : elle a commencé quand on a exhibé sur les plateaux de télévision les premiers "Bébéthons" issus du diagnostic préimplantatoire (DPI) : on prétendait que leur bonne santé était due à la recherche alors qu’ils devaient la vie à un tri embryonnaire, dont les frères et sœurs victimes étaient soigneusement occultés.
Un sénateur avouait déjà en privé son malaise après avoir entendu, sur le plateau du Téléthon, un petit garçon en fauteuil murmurer : "nous aussi on est des enfants quand même !"

Tugdual DERVILLE

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 21:34

 

" ... nous avons obtenu ce résultat que sans exercer rien qui ressemblât à une pression, d'aucune sorte, sans exercer ni demander aucun entraînement, sans rien demander à personne, sans rien exercer ni demander qui ressemblât à une adhésion, à une sollicitation, à un engagement, à une aliénation quelconque, nous avons par cette longue patience, par un recrutement longuement, patiemment poursuivi, par un filtrage, par une épuration, par un épurage si je puis dire encore plus longuement, patiemment poursuivi, constitué peu à peu, sans engager personne, une société d'un mode incontestablement nouveau, une sorte de foyer, une société naturellement libre de toute liberté, une sorte de famille d'esprits, sans l'avoir fait exprès, justement; nullement un groupe, comme ils disent; cette horreur; mais littéralement ce qu'il y a jamais eu de plus beau dans le monde: une amitié, une cité."

 Charles Péguy

 

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 23:07

Un cadavre est essentiellement, cela va sans dire, une chose inanimée, privée d'âme. Mais ce n'est pas une chose inerte. Le cadavre est, au contraire, tout frémissant, tout vibrant, tout grouillant de mille combinaisons nouvelles, dont l'absurde  diversité se retrace dans les diaprures et les chatoiements de la pourriture. Ces histoires ne sont pourtant pas une histoire. Le cadavre en décomposition ressemble beaucoup, - si un cadavre peut ressembler à quelque chose, - à un monde où l'économique l'a emporté décidément sur le politique, et qui n'est plus qu'un système d'Intérêts antagonistes inconciliables, un équilibre sans cesse détruit, dont le point doit être cherché toujours plus bas. Le cadavre est beaucoup plus Instable que le vivant, et si le cadavre pouvait parler, il se vanterait certainement de cette révolution intérieure, de cette évolution accélérée qui se traduit par des phénomènes impressionnants, par des écoulements et des gargouillements sans nombre, une fonte générale des tissus dans une égalité parfaite, Il ferait honte au vivant de sa relative stabilité, il le traiterait de conservateur, et même de réactionnaire, car, c'est une justice à lui rendre, toute réaction lui est essentiellement impossible... Oui, il se passe beaucoup de choses, énormément de choses à l'intérieur, ou même à l'extérieur d'un cadavre, et si vous demandiez leur avis aux vers et qu'ils fussent capables de vous le donner, ils se diraient engagés dans une prodigieuse aventure, la plus hardie, la plus totale des aventures, une expérience irréversible. Et pourtant, il n'en est pas moins vrai qu'un cadavre n'a pas d'histoire, ou, si vous aimez mieux, son histoire est une histoire admirablement conforme à la dialectique matérialiste de l'histoire. Il ne s'y trouve pas de place pour la liberté, sous quelque forme que ce soit, le déterminisme y est absolu. L'erreur du vers de cadavre, aussi longtemps que le cadavre le nourrit, est de prendre une liquidation pour l'Histoire.  

 

Georges BERNANOS, "L'esprit européen", 1946

 extrait de "la liberté, pour quoi faire ?"   Idées Gallimard

 

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 11:29



On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière
Puis on supprimera la lumière.

 

 

On supprimera l’Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

 

 

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice,
Puis on supprimera la justice.

 

 

On supprimera l’Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

 

 

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

 

 

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du Sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots.

 

 

On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l'art.

 

 

On supprimera les Ecrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

 

 

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

 

 

On supprimera le Prophète,
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.

 

 

On supprimera l’Esprit
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

 

 

AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L’HOMME ;
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L’HOMME ;
IL N’Y AURA PLUS DE NOM.
NOUS Y SOMMES.

 

 

(Armand Robin)

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 21:51

 

 

- Tel que tu me vois, m'a-t-il dit, j'aimerais assez leur prêcher l'insurrection, aux pauvres. Ou plutôt je ne leur prêcherais rien du tout. Je prendrais d'abord un de ces " militants ", ces marchands de phrases, ces bricoleurs de révolution, et je leur montrerais ce que c'est qu'un gars des Flandres. Nous autres, Flamands, nous avons la révolte dans le sang. Rappelle-toi l'histoire ! Les nobles et les riches ne nous ont jamais fait peur. Grâce au ciel, je puis bien l'avouer maintenant, tout puissant que je sois, un homme fort, le bon Dieu n'a pas permis que je fusse beaucoup tenté dans ma chair. Mais l'injustice et le malheur, tiens, ça m'allume le sang; Aujourd'hui, c'est d'ailleurs bien passé, tu ne peux pas te rendre compte… ainsi, par exemple, la fameuse encyclique de Léon XIII, Rerum Novarum, vous lisez ça tranquillement, du bord des cils, comme un mandement de carême quelconque. A l'époque, mon petit, nous avons cru la terre trembler sous nos pieds. Quel enthousiasme ! j'étais, pour l'heure, curé de Norenfontes, en plein pays de mines. Cette idée si simple que le travail n'est pas une marchandise, soumise à la loi de l'offre et de la demande, qu'on ne peut pas spéculer sur les salaires, sur la vie des hommes, comme sur le blé, le sucre ou le café, ça bouleversait les consciences, crois-tu ? Pour l'avoir expliqué en chaire, à mes bonshommes, j'ai passé pour un socialiste, et les paysans bien-pensants m'ont fait envoyer en disgrâce à Montreuil. La disgrâce, je m'en fichais bien, rend-toi compte. Mais dans le moment…

Georges Bernanos - Journal d'un curé de campagne

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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 20:56

 

 

- Il faut que nous allions par la ville de Lancy vers la

 mer. Je crois que, dans cette partie du pays, nos ennemis

 ont peu de partisans.

 - Quoi! que voulez-vous dire? s'écria-t-il. Il est impossible

 qu'ils aient un tel empire sur le monde réel. Il n'y

a pas beaucoup d'anarchistes parmi les travailleurs, et,

 s'il y en avait, de simples bandes de révoltés n'auraient

 pas aisément raison des armées modernes, de la police moderne.

 - De simples bandes! releva Ratcliff avec mépris. Vous parlez

 des foules et des travailleurs comme s'il pouvait être

question d'eux ici. Vous partagez cette illusion idiote que

 le triomphe de l'anarchie, s'il s'accomplit, sera l'œuvre

 des pauvres. Pourquoi? Les pauvres ont été, parfois, des

rebelles; des anarchistes, jamais. Ils sont plus intéressés

 que quiconque à l'existence d'un gouvernement régulier quelconque.

 Le sort du pauvre se confond avec le sort du pays.

 Le sort du riche n'y est pas lié. Le riche n'a qu'à monter

 sur son yacht et à se faire conduire dans la Nouvelle-Guinée.

Les pauvres ont protesté parfois, quand on les gouvernait

 mal. Les riches ont toujours protesté contre le gouvernement,

 quel qu'il fût. Les aristocrates furent toujours

 des anarchistes; les guerres féodales en témoignent.

CHESTERTON 

"Le nommé jeudi", 1926

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1 juillet 2006 6 01 /07 /juillet /2006 21:47


Parmi un lot de valises, Charlot en choisit une. Elle lui plaît, elle a toutes les qualités. C'est son idée, son système de rangement. Ensuite, il ouvre son armoire qui contient la réalité, ce qu'il doit emporter en voyage. Et la réalité n'entre jamais dans les systèmes, si beaux soient-ils. Alors, comme malgré de fortes pressions pour boucler la valise remplie, il dépasse de partout des morceaux de vêtements - une jambe de pantalon ici, une manche par là - Charlot prend de grands ciseaux et coupe tout ce qui dépasse…
L'esprit de système mutile toujours les réalités. Ca finit toujours par découper ce qui dépasse : et les hommes, ça dépasse toujours les catégories; et les ciseaux, ça peut aller jusqu'aux fours crématoires et aux goulags.

 


… Il y a cet étatisme dont la formule habituelle est : "plus haut égale plus juste". Rêve de planification généralisée. Idéologie destructrice des hiérarchies intermédiaires, des pouvoirs responsables.
Le rêve du Docteur Knock se réjouissant à la pensée qu'au même instant, un million de thermomètres pénètrent dans un million de derrières…

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1 juillet 2006 6 01 /07 /juillet /2006 21:40
Dans l'Angleterre victorienne, une loi obligeait à couper les cheveux des petites filles pauvres, à cause des poux…

Je pars des cheveux d'une petite fille. Ca, je sais que c'est bon dans l'absolu. Si d'autres choses sont contraires à cela, qu'elles disparaissent. Si les propriétaires, les lois et les sciences sont contre cela, que les propriétaires, les lois et les sciences disparaissent. Avec la chevelure rousse d'une gamine des rues, mettons le feu à toute la civilisation moderne. Puisqu'une fille doit avoir les cheveux longs, il faut qu'elle les ait propres; puisqu'elles doit avoir les cheveux propres, il ne faut pas qu'elle ait une maison sale; il faut que sa mère soit libre et qu'elle ait des loisirs; puisque sa mère doit être libre, il ne faut pas qu'elle ait un propriétaire usurier; puisqu'elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier, il faut redistribuer la propriété; puisqu'il faut redistribuer la propriété, nous ferons une révolution…
On ne lui coupera pas les cheveux comme à un forçat. Non, tous les royaumes de la Terre seront retaillés et découpés à sa mesure. Les vents du monde seront calmés pour cet agneau, qui ne sera pas tondu. Toutes les couronnes qui ne vont pas à sa tête seront brisées… Elle est l'image sacrée de l'humanité. Tout autour d'elle l'usine sociale doit s'incliner, se briser et s'effondrer; les colonnes de la société s'écrouleront, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché.

G.K. Chesterton

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