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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 07:19
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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:45

(...) il était visible que le gouvernement russe, en présence de ces graves éventualités, prenait quelques mesures sévères, même à l’intérieur de l’empire. Le soulèvement n’avait pas franchi la frontière sibérienne, mais dans ces provinces du Volga, si voisines du pays kirghis, on pouvait craindre l’effet des mauvaises influences.

En effet, la police n’avait encore pu retrouver les traces d’Ivan Ogareff. Ce traître, appelant l’étranger pour venger ses rancunes personnelles, avait-il rejoint Féofar-Khan, ou bien cherchait-il à fomenter la révolte dans le gouvernement de Nijni-Novgorod, qui, à cette époque de l’année, renfermait une population composée de tant d’éléments divers? N’avait-il pas parmi ces Persans, ces Arméniens, ces Kalmouks, qui affluaient au grand marché, des affidés, chargés de provoquer un mouvement à l’intérieur? Toutes ces hypothèses étaient possibles, surtout dans un pays tel que la Russie.

En effet, ce vaste empire, qui compte douze millions de kilomètres carrés, ne peut pas avoir l’homogénéité des États de l’Europe occidentale. Entre les divers peuples qui le composent, il existe forcément plus que des nuances. Le territoire russe, en Europe, en Asie, en Amérique, s’étend du quinzième degré de longitude est au cent trente-troisième degré de longitude ouest, soit un développement de près de deux cents degrés [Soit 2,500 lieues environ.], et du trente-huitième parallèle sud au quatre-vingt-unième parallèle nord, soit quarante-trois degrés [Soit 1,000 lieues]. On y compte plus de soixante-dix millions d’habitants. On y parle trente langues différentes. La race slave y domine sans doute, mais elle comprend, avec les Russes, des Polonais, des Lithuaniens, des Courlandais. Que l’on y ajoute les Finnois, les Esthoniens, les Lapons, les Tchérémisses, les Tchouvaches, les Permiaks, les Allemands, les Grecs, les Tartares, les tribus caucasiennes, les hordes mongoles, kalmoukes, samoyèdes, kamtschadales, aléoutes, et l’on comprendra que l’unité d’un aussi vaste État ait été difficile à maintenir et qu’elle n’ait pu être que l’œuvre du temps, aidée par la sagesse des gouvernements.

 in "Michel Strogoff", de Jules Verne (1876)

 

 

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 07:50

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 01:20

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Accueillir l’étranger


12 juin 2015

Le Sacré Cœur de Jésus

Saint Benoît prévoit dans la Règle l’accueil des hôtes pour accomplir le précepte édicté par le Seigneur : « J’ai demandé l’hospitalité et vous m’avez reçu. » C’est en effet le Christ que l’on reçoit dans ces personnes qui demandent l’hospitalité. Saint Benoît y consacre un chapitre entier, car il sait que la tentation est grande de manquer à ce précepte de charité. Il est souvent difficile de reconnaître le Christ quand les hôtes sont nombreux et pauvres. C’est pourtant principalement dans les pauvres et les pèlerins que les moines doivent recevoir et adorer le Christ. L’accueil doit être chaleureux afin de signifier cette dimension surnaturelle : « Dès qu’un hôte aura été annoncé, le supérieur et les frères se hâteront au-devant de lui avec toutes les marques de la charité.

La suite ...

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 09:01
 
Le 5 septembre 1914 : Charles Péguy, écrivain français, meurt au combat, à Villeroy.

Né le 7 janvier 1873 à Orléans, Péguy est un écrivain français. Il a aussi écrit sous les noms de Pierre Deloire et Pierre Baudouin. Également essayiste et poète, il est un artiste engagé. D'abord socialiste, anticlérical et dreyfusard, il finit par se convertir et devenir militant catholique, conservateur et royaliste. Lieutenant de réserve, il combat dès le début de la Première Guerre mondiale et meurt au début de la bataille de la Marne, le 5 septembre 1914, alors que sa femme est enceinte. Extrait d'Eve, œuvre écrite en 1913 :

 

« Vous nous voyez debout parmi les nations.

Nous battrons-nous toujours pour la terre charnelle.

Ne déposerons-nous sur la table éternelle

Que des cœurs pleins de guerre et de séditions.

   

Vous nous voyez marcher parmi les nations.

Nous battrons-nous toujours pour quatre coins de terre.

Ne mettrons-nous jamais sur la table de guerre

Que des cœurs pleins de morgue et de rébellions.

    

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,

Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.

Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.

Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle.

   

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 16:08

Jean Raspail : Du tutoiement et du vouvoiement

Jean RaspailS’il existe en français, pour s’adresser à autrui, deux pronoms personnels de la deuxième personne, l’un au singulier, TU, l’autre où pluriel, VOUS, appelé pluriel de politesse, c’est que notre langue se plaît à certaines nuances qui sont les bases de la civilité. Il ne s’agit pas là de code, de formalisme de classe, de snobisme, de règles mondaines, mais simplement d’usages naturels, qui se perdent et qui faisaient, entre autres, le charme et l’équilibre de la France et le plaisir d’être Français.

Ce plaisir-là s’émousse. On me dira que d’autres motifs plus graves et plus irritants y concourent, d’autres lésions de civilisation, et que c’est considérer les choses par le petit bout de la lorgnette, mais dans ce seul domaine de la civilité, de petites causes peuvent entraîner de grands effets dévastateurs.

La Révolution française, jusqu’à l’avènement du Directoire, savait ce qu’elle faisait en imposant le tutoiement général et en interdisant l’emploi des vocables Monsieur et Madame qui marquaient au moins une déférence réciproque : elle égalisait au plus bas niveau, celui du plus grand dénominateur commun de la familiarité.

Aujourd’hui, ce sont d’abord nos enfants que nous voyons condamnés à être partout tutoyés, comme sous la Révolution. Je ne m’en prends point au tutoiement naturel d’affection et d’intimité (la famille, les amis), ou de solidarité (les copains, les camarades,), mais à celui que leur infligent systématiquement les adultes, comme si l’enfant n’avait pas droit au respect et à la liberté de choisir selon son coeur et ses humeurs qui a, ou qui n’a pas, le loisir de le tutoyer.

D’une façon significative, et qui ne doit rien au hasard, cela commence dès l’école, où plus un instituteur ne prend la peine de vouvoyer (ou voussoyer) un enfant. Au premier jour de classe, l’ex-maître devenu enseignant par banalisation de la fonction et refus de cette sorte de sacerdoce qu’elle représentait autrefois, ne demande plus à l’enfant dont il fait connaissance: « Comment vous appelez-vous ? », ce qui serait au moins du bon français, mais : « C’est quoi, ton nom ? »

Sans que l’enfant en ait conscience, le voilà déjà rabaissé, marqué comme un élément de troupeau. On lui eût dit « vous » d’emblée, ainsi qu’à ses camarades, qu’ils en auraient retiré, tous ensemble, l’impression d’être considérés et appelés à de grands destins, ce qui est faux, naturellement, pour la plus grande partie d’entre eux, mais représente quand même un meilleur départ dans la vie que d’être ravalés dès l’enfance au matricule du tutoiement.

Le jeune élève va être vite conditionné. Dès qu’il saura lire et écrire, ses premiers livres « d’éveil » lui poseront leurs premières questions sous la forme autoritaire du tutoiement : « Dessine ici un arbre, une vache…. » ou encore : « Ecris les noms des fleurs que tu connais… » Ce n’est pas bien méchant, mais c’est ainsi que le pli se prend.

Au catéchisme, devenu catéchèse, l’accueil en TU n’es pas différent, mais ses effets en sont plus marquants, car il s’agit de choses plus graves : c’est l’âme qui se fait tutoyer d’entrée. L’ouvrage « Pierres vivantes » qui fit couler tant d’encre à cause de certaines énormités qu’il contient, distille son enseignement par le biais d’une complicité, et non d’un magistère, que le tutoiement impose à l’enfant.

Tout cela semble si bien admis, que c’est un aspect des choses que personne, à ma connaissance n’a jusqu’à présent souligné. On pose pour principe que l’enfant s’y trouve plus à l’aise. C’est sans doute vrai eu premier degré. Cette pente-là est facile et semble toute naturelle C’est justement pourquoi l’on devrait s’en méfier…

Car dans cet immense combat de société qui divise le pays depuis déjà longtemps, et qui est loin d’être terminé, quelles que soient ses péripéties politiques, nos enfants sont un enjeu formidable : ils représentent l’avenir. Tout se tient et c’est au nom de l’égalitarisme et de l’uniformité larvée qu’on prive ainsi l’enfant de la déférence élémentaire et du respect qu’on lui doit.

Le tutoiement qui sort de la bouche d’un instituteur, fût-il de l’enseignement privé, et de la plupart de ceux qui font profession de s’occuper des enfants, est d’abord un acte politique, même s’il est inconscient. Cela fait partie du dressage, et cela donne des résultats. Déjà, une bonne partie de la France adulte, et toute la France juvénile, se tutoient, dans un grand dégoulinement de familiarité, qu’on appelle aujourd’hui la CONVIVIALITÉ, mot de cuistre, alibi de cuistre, camouflage de cuistre. De la convivialité à la vulgarité, le pas est vite franchi.

Dans de nombreux milieux du travail, le tutoiement devient un passeport obligatoire, dont on ne saurait se passer sous peine de déviationnisme bourgeois, alors que, chez les compagnons d’autrefois, c’était le vouvoiement qui marquait l’esprit de caste. De CASTE, pas de classe.

Au sein du parti communiste, comme du parti socialiste, dans la « République des camarades », le tutoiement est de rigueur. Seul François Mitterrand y faisait exception lorsqu’il était premier secrétaire de son parti. Il détestait qu’on le tutoie, et allait jusqu’à l’interdire, ce qui montre assez bien, à mon sens, que son socialisme était seulement d’ambition et non de conviction…

Mais, pour le commun des Français, aujourd’hui, il importe de ne pas être FIER, car ce mot-là, justement, par ce qu’il entraîne de dignité et de sentiment élevés, est devenu l’un des nouveaux parias de notre vocabulaire.

Cela peut paraître sympathique, amical, empreint de simplicité. En réalité, ce n’est qu’un piège. Quand les convenances du langage tombent, l’individu perd ses défenses naturelles, rabaissé au plus bas niveau de la civilité. N’a pas d’autre but non plus la destruction de la langue française préparée dans les laboratoires subversifs de l’Education nationale, et dont on mesure déjà les effets…

Pour ma part, j’ai été dressé autrement. Je me souviens de la voix du maître qui tombait de l’estrade : «Raspail! Vous me copierez cent fois…» ou : «Raspail! Sortez!»

J’avais neuf ans. C’était juste avant la guerre, dans une école laïque de village. Plus tard, au lycée (et ce n’est pas pour rien qu’on a cassé certaines façons, là aussi), les professeurs nous donnaient naturellement du MONSIEUR sans la moindre dérision : « Monsieur Raspail, au tableau ! » On se vouvoyait entre condisciples, réservant le tutoiement à un nombre restreint de camarades choisis.

Choisir, tout est là ! Ne rien se laisser imposer sur plan des usages, ni le tutoiement d’un égal, ni à plus forte raison celui d’un supérieur.

Il y avait une exception, de ce temps-là : le scoutisme. Je me souviens de ma surprise quand je m’étais aperçu, à onze ans, qu’il me fallait tutoyer cet imposant personnage en culottes courtes qui devait bien avoir trente ans, et qui s’appelait le scoutmestre, et qu’à l’intérieur de la troupe tout le monde se tutoyait aussi avec une sorte de gravité. Mais il s’agissait là d’une coutume de caste, d’un signe de reconnaissance réservé aux seuls initiés, comme la poignée de main gauche, l’engagement sur l’honneur, et les scalps de patrouille, car le scoutisme avait alors le génie de l’originalité, une soif de singularité forcenée, dont nous n’étions pas peu fiers. On se distinguait nettement de la masse, on s’élevait par degrés à l’intérieur de cette nouvelle chevalerie, mais il fallait s’en montrer digne.

En revanche, on vouvoyait Dieu. Cela nous semblait l’évidence même. La prière scoute chantée commençait ainsi: « Seigneur Jésus, apprenez-moi à être généreux, à Vous servir comme Vous le méritez… » C’est la plus belle prière que je connaisse. Il m’arrive encore de m’en servir. Voit-on comme la musique des mots eût été différente à la seconde personne du singulier, et comme elle parlerait autrement à l’âme: « … A Te servir comme Tu le mérites. » ? C’est sec, cela n’a pas de grandeur, cela ne marque aucune distance, on dirait une formalité. Et cependant, aujourd’hui, c’est ainsi que l’on s’adresse à la Divinité, on lui applique le tutoiement le plus commun en français. Et le reste a capoté en série: la liturgie, le vocabulaire religieux, la musique sacrée, le comportement de la hiérarchie, la laïcisation du clergé, la banalisation du mystère, si l’on s’en tient aux seules lésions apparentes. Dieu est devenu membre du parti socialiste. L’usage est de le tutoyer.

Au chapitre des habitudes, ou plutôt des attitudes, j’ai conservé celle de vouvoyer aussi les enfants qui ne me sont pas familiers, et d’appeler Monsieur ou Mademoiselle les jeunes gens que je rencontre pour la première fois. La surprise passé, ils me considèrent avec beaucoup plus de sympathie, et j’ai même l’impression qu’ils m’en sont reconnaissants. Nous tenons des conversations de bien meilleure venue, et les voilà qui se mettent à surveiller leur langage, c’est-à-dire à s’exprimer correctement en français, comme si d’avoir été traités avec déférence leur donnait des obligations nouvelles et salutaires. Les négations et les liaisons réapparaissent miraculeusement dans la phrase (je n’ai pas, au lieu de j’ai pas, c’est-t-un an lieu de c’est-h-un, etc.), la prononciation se redresse (je suis pour chuis, je ne sais pas pour chais pas, etc.), le goût de l’élégance verbale ressuscite. Faites vous-même l’essai, vous verrez. La dignité du langage et la dignité de la personne se confondent le plus souvent. Voilà pourquoi l’on parle si mal en ce moment…

Oserai-je avouer ici que mes enfants me vouvoient, et vouvoient également leur mère ? Cela depuis leur plus jeune âge, et sans aucun traumatisme. Sans vouloir convertir personne à ce qui peut paraître une ostentation, là aussi il faut constater que le langage courant au sein de la famille s’en trouve naturellement affiné. Et même dans les affrontements, qui ne manquent pas, un jour ou l’autre, vers la fin de l’adolescence, d’opposer les enfants à leurs parents, le vouvoiement tempère l’insolence et préserve de bien des blessures. Il en va de même entre époux, encore que ce vouvoiement-là soi devenu aujourd’hui une sorte de curiosité ethnographique, et Dieu sait pourtant les services de toutes sortes qu’il rend. Je le pratique depuis trente-cinq ans que je suis marié. C’est un jeu divertissant, dont on ne se lasse jamais. Même dans le langage le plus routinier, l’oreille est toujours agréablement surprise. Les scènes dites de ménage, fussent-elles conduites avec vigueur, s’en trouvent haussées à du joli théâtre. On a envie de s’applaudir et de souper ensemble au champagne après le spectacle. Toutes les femmes qui ont compté dans ma vie, je les ai toujours voussoyées, et réciproquement, pour l’honneur de l’amour en quelque sorte. Puis-je espérer, sans trop, y croire, que, tombant sur cette chronique, un jeune couple s’en trouvera convaincu, au moins curieux de tenter l’expérience ? En public, ils étonneront les autres, ce qui est déjà une satisfaction en ces temps d’uniformité où se nivellent médiocrement les convenances sociales. En privé, ils s’amuseront beaucoup aux mille et une subtilités, du vous, et je prends le pari qu’ils ne rebrousseront pas chemin de sitôt.

Dans un tout autre domaine, j’assistais récemment aux obsèques d’un ami cher, Christian, de son prénom, mais il avait aussi un nom, fort joli nom d’ailleurs. Eh bien, le prêtre, qui l’avait jamais vu vivant, qui ne l’avait même jamais vu du tout, le trairait à tu et à toi, selon les piètres dispositions du nouvel office des morts : « Christian, toi qui.. Christian, toi que… Christian, Dieu te… et ta famille… » Exactement comme pour les enfants sans défense ! En vertu de quoi, au nom de quoi, la familiarité doit-elle répandre ses flots visqueux jusque sur les cercueils ? Bossuet tutoyait-il les princes en prononçant leurs oraisons funèbres ? Or chaque défunt est un roi, enfin couronné, et sacré à jamais. Quant au nom patronymique de Christian, celui sans lequel le prénom de baptême n’est rien, il ne fut pas une seule fois prononcé ! Et pourquoi pas la fosse commune obligatoire, dans la même foulée…

Car me frappe tout autant, l’emploi généralisé du prénom seul, en lieu et place du patronyme précédé on non du prénom, et cela dans toutes les circonstances de la vie où il n’est pas nécessaire de présenter une carte d’identité : « C’est quoi, ton nom? Serge. Moi, c’est Jocelyne… » Serge qui ? Jocelyne qui ? Les intéressés eux-mêmes semblent ne plus, s’en soucier. Il y a des dizaines de milliers de Serge, des dizaines de milliers de Jocelyne, alors qu’il n’existe qu’un seul Serge X., qu’une seule Jocelyne Z. Mais on se complaît dans l’anonymat. On y nage à l’aise, on s’y coule avec délices, on n’y fait pas de vague, semblable aux milliers de milliers, on n’éprouve pas le besoin de faire claquer son nom comme un drapeau et de brandir ce drapeau au dessus de la mêlée.

Qu’on se rassure, toutefois. Il nous restera au moins à chacun, le numéro matricule de la Sécurité sociale. Celui-là, on y tient.

J’en connais même qui se battront pour ça…

Jean Raspail

Source : Jean Raspail

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 09:19
Louis XIV : le Soleil brille encore

Il y a exactement trois cent ans, le 1er septembre 1715, Louis XIV rendait l'esprit « sans aucun effort, comme une chandelle qui s'éteint ». Mais la lumière du grand règne brille encore.

CE FUT le dernier souffle d'un règne interminable. Né en 1638 dans le tumulte de la guerre de Trente ans, Louis grandit sous les auspices de la régence d'une mère très aimée, Anne d'Autriche, dans le souvenir d'un père vénéré et peu connu, Louis XIII, accompagné par le plus fin homme d’État de sa génération, le cardinal Mazarin.

Le cardinal, parrain et principal ministre du roi, son premier éducateur politique également, dit de son pupille encore dans l'adolescence : « Vous ne le connaissez pas. Il se mettra en chemin un peu tard mais il ira plus loin qu’un autre : il y a en lui de l’étoffe de quoi faire quatre rois et un galant homme. »

Depuis on n'a cessé de gloser sur ce règne.

par Gabriel Privat, le 26 août 2015

La suite...

Arte commémore le tricentenaire de la mort de Louis XIV.

A voir, et à revoir sur le site

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 09:15

Chaque rentrée scolaire donne l’occasion aux gazettes de s’épancher sur la crise de l’enseignement et les critiques de la nième réforme gouvernementale . La philosophe Hannah Arendt (1906,1975) dans son texte « La crise de l’éducation », écrit en 1961, nous aide à prendre de la hauteur sur le sujet :

 

« La crise de l’autorité dans l’éducation est étroitement liée à la crise de la tradition, c’est-à-dire à la crise de notre attitude envers tout ce qui touche au passé. Pour l’éducateur cet aspect de la crise est particulièrement difficile à porter, car il lui appartient de faire le lien entre l’ancien et le nouveau : sa profession exige de lui un immense respect du passé. Pendant des siècles,(...) il n’avait pas à s’aviser qu’il possédait cette qualité (...), l’autorité de l’éducateur était fermement fondée dans l’autorité plus vaste du passé en tant que tel.(...)

Dans le monde moderne, le problème de l’éducation tient au fait que par sa nature même l’éducation ne peut faire fi de l’autorité, ni de la tradition, et qu’elle doit cependant s’exercer dans un monde qui n’est pas structuré par l’autorité ni retenu par la tradition. Mais cela signifie qu’il n’appartient pas seulement aux professeurs et aux éducateurs, mais à chacun de nous, dans la mesure où nous vivons ensemble dans un seul monde avec nos enfants et avec les jeunes, d’adopter envers eux une attitude radicalement différente de celle que nous adoptons les uns envers les autres. Nous devons fermement séparer le domaine de l’éducation des autres domaines, et surtout celui de la vie politique et publique. Et c’est au seul domaine de l’éducation que nous devons appliquer une notion d’autorité et une attitude envers le passé qui lui conviennent, mais qui n’ont pas une valeur générale et ne doivent pas prétendre détenir une valeur générale dans le monde des adultes.

 En pratique, il en résulte que premièrement, il faudrait bien comprendre que le rôle de l'école est d'apprendre aux enfants ce qu'est le monde, et non pas leur inculquer l'art de vivre. Étant donné que le monde est vieux, toujours plus vieux qu'eux, le fait d'apprendre est inévitablement tourné vers le passé, sans tenir compte de la proportion de notre vie qui sera consacrée au présent. Deuxièmement, la ligne qui sépare les enfants des adultes devrait signifier qu'on ne peut ni éduquer les adultes, ni traiter les enfants comme de grandes personnes. Mais il ne faudrait jamais laisser cette ligne devenir un mur qui isole les enfants de la communauté des adultes, comme s'ils ne vivaient pas dans le même monde et comme si l'enfance était une phase autonome dans la vie d'un homme, et comme si l'enfant était un état humain autonome, capable de vivre selon des lois propres. On ne peut pas établir de règle générale qui déterminerait dans chaque cas le moment où s'efface la ligne qui sépare l'enfance de l'âge adulte; elle varie souvent en fonction de l'âge, de pays à pays, d'une civilisation à une autre, et aussi d'individu à individu. Mais à l'éducation, dans la mesure où elle se distingue du fait d'apprendre, on doit pouvoir assigner un terme. Dans notre civilisation, ce terme coïncide probablement avec l'obtention du premier diplôme supérieur (plutôt qu'avec le diplôme de fin d'études secondaires) car la préparation à la vie professionnelle dans les universités ou les instituts techniques, bien qu'elle ait toujours quelque chose à voir avec l'éducation, n'en est pas moins une sorte de spécialisation. L'éducation ne vise plus désormais à introduire le jeune dans le monde comme tout, mais plutôt dans un secteur limité bien particulier. (…)

Ce qui nous concerne tous et que nous ne pouvons donc esquiver sous prétexte de le confier à une science spécialisée - la pédagogie - c’est la relation entre enfants et adultes en général, ou pour le dire en termes encore plus généraux et plus exacts, notre attitude envers le fait de la natalité : le fait que c’est par la naissance que nous sommes tous entrés dans le monde, et que ce monde est constamment renouvelé par la natalité. L’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité, et de plus, le sauver de cette ruine qui serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus. C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun. »

 

Extraits de « La crise de l’éducation », in La crise de la culture, édition Gallimard, collection Folio essais.

Merci à EVR.

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 08:52

Un monde où la haine domine

C’était aujourd'hui, le jour de la saint Louis. Emmanuelle Cosse nouvelle présidente de Europe Ecologie Les Vers a expliqué (*) que la France pouvait et devait accueillir encore beaucoup d’immigrés. Et elle fait une comparaison : le Liban en a accueilli jusqu’à la proportion de 25 % de sa population. Pourquoi pas nous ? Cet angélisme a quelque chose de renversant ! Le Liban, parce qu’il avait accueilli des centaines de milliers de Palestiniens dans un pays aux équilibres intercommunautaires difficiles, a vécu un quart de siècle de guerre civile et les plaies ne sont pas parfaitement refermées. Elles pourraient se rouvrir d’un moment à l’autre. Pour désigner ce phénomène de désordre latent et constant, on a créé un mot : libanisation. Mais Emmanuel Cosse n’a pas peur de souhaiter à la France les mêmes pourcentages. Avec les mêmes effets ? Une libanisation de la France ?...

La suite de l'article de l'abbé G. de Tanoüarn

(*) La vidéo de l'entretien est ICI.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 07:37
Rappelons nous...
 
le 25 août : fête de Saint Louis, Roi de France.

Louis IX de France naît le 25 avril 1214 à Poissy, et meurt de la peste le 25 août 1270 à Tunis. Neuvième Roi des Capétiens directs, Louis de Poissy, comme il aimait signer les documents officiels, n'a que 12 ans au moment de son sacre, le 29 novembre 1226, à Reims, par Jacques de Bazoches, l'évêque de Soissons ; voir la chronique du 29 novembre, mais aussi celle du 25 avril. Il est l'exemple du Roi qui se fait serviteur, l'exemple du dirigeant au service du Bien Commun et de Dieu.

Il faut dire qu'il a reçu une éducation de choix, tant par son Père Louis VIII, vainqueur des Albigeois que de sa mère Blanche de Castille (voir les chroniques du 4 mars et du 27 novembre). C'est elle qui lui dit un jour « : Beau fils, vous m'êtes grandement cher, cependant j'aimerais mieux vous voir mort à mes pieds que souillé d'un seul péché mortel… »

Lisez  la suite...

 

 

Le texte complet du testament de Saint-Louis

- à méditer pour notre temps - est

ICI

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 09:11

... un géant, et un voyant, d'après Aleteia, qui propose à ses lecteurs un bel article consacré au grand écrivain russe.

 

Solzhenitsyn

On pourra également (re)lire cet article du 19 janvier 2015 sur Liberté Politique, écrit par Axel Rokvam juste après l'attentat contre Charlie Hebdo, qui montre que Soljenitsyne dénonçait déjà les capacités de la presse dans la perversion de l'opinion. 

Lu ICI 

 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 05:58

Extrait de la pensée macronnienne (*), visible sur le site d'Arrêt sur images

"Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu." 

L'article complet...

(*) du nom d'Emmanuel Macron, ministre français de l'Economie et des Finances

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 15:39

Saint Benoît de Nursie
Père des Moines d’Occident 
(480-547)

 

Benoît naît, autour de l’an 480, dans une petite ville des montagnes de l'Ombrie, d'une des plus illustres familles de ce pays. Le pape saint Grégoire assure que le nom de Benoît lui fut providentiellement donné comme gage des bénédictions célestes dont il devait être comblé.

Craignant la contagion du monde, il résolut, à l'âge de quatorze ans, de s'enfuir dans un désert pour s'abandonner entièrement au service de Dieu. Il parvint au désert de Subiaco, à quarante milles de Rome, sans savoir comment il y subsisterait ; mais Dieu y pourvut par le moyen d'un pieux moine nommé Romain, qui se chargea de lui faire parvenir sa frugale provision de chaque jour.

Le jeune solitaire excita bientôt par sa vertu la rage de Satan ; celui-ci apparut sous la forme d'un merle et l'obséda d'une si terrible tentation de la chair, que Benoît fut un instant porté à abandonner sa retraite ; mais, la grâce prenant le dessus, il chassa le démon d'un signe de la Croix et alla se rouler nu sur un buisson d'épines, tout près de sa grotte sauvage. Le sang qu'il versa affaiblit son corps et guérit son âme pour toujours. Le buisson s'est changé en un rosier : de ce buisson, de ce rosier est sorti l'arbre immense de l'ordre bénédictin, qui a couvert le monde.

la suite...

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 21:57

    

Dans " la Lettre touristique ", en 1973, on pouvait lire : " Pour les syndicats, l'homme réellement en vacances n'existe pas, la lutte des classes doit se poursuivre en dehors du travail. Le temps des loisirs est complémentaire de la vie laborieuse.". Plus loin : " Les vacances ne sont pas faites pour oublier, mais au contraire pour reprendre des forces en vue du combat de classes. Ce temps précieux sera utilisé pour les études, la formation des militants." .

 

Dans " le Monde " du 14 août 1987, Olivier Biffaud relatait " les accroches estivales " des " moines-soldats du trotskisme ". Chaque été depuis des années, les militants de Lutte Ouvrière, les " copains d'Arlette "parcourent la France pour évangéliser à leur manière, pour porter la Bonne Nouvelle de la Révolution. " On prend sur son temps de vacances pour agrémenter celles des autres ". Les militants vendent leur journal, font des " accroches " dans les cités-ouvrières ou à la sortie des usines, discutent, prennent des contacts. " Ni camp de scouts, ni retraite religieuse, ni démarche du calendrier annuel des sapeurs-pompiers. Et pourtant la caravane a l'aspect fraternel de l'un, l'abnégation sacerdotale de l'autre et le culot patient du troisième.".

 

"  Dur, dur " conclut le journaliste.

 

Et nous ?… 

Cette année, passerons-nous des vacances " farniente ", celles que dénonce " la Lettre touristique " ?

Bronzerons-nous idiot ?

Notre idéal est-il de ne penser à rien, comme les navets ?

C'est vrai qu'il n'y a pas de vacances pour le combat des idées et l'action "militante", quelle qu'elle soit.

Le temps des vacances, et plus particulièrement la période estivale, se prête particulièrement :

  • A la prière, aux pélerinages, aux retraites, temps forts du ressourcement.
  • Au repos: un arc qui reste trop longtemps bandé finit par perdre son efficacité.
  • A la dépense physique et au sport.
  • A la formation personnelle, par la lecture, l'écoute audio, le cinéma,…
  • A l'éducation culturelle, par la fréquentation de la beauté sous toutes ses formes : la nature d'abord, l'architecture, les beaux-arts, les arts populaires et locaux,…
  • A la rencontre de nouvelles personnes, dans d'autres régions et d'autres pays.
  • Aux stages et sessions, temps forts de formation et d'échanges.
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 17:16
Vendredi décapitation (*), samedi Gay Pride : je ne voudrais pas désespérer Billancourt par ce titre quelque peu décourageant, mais il y a des semaines comme cela où l'on aimerait avoir des raisons d’espérer !

Vendredi décapitation, samedi Gay Pride : je ne voudrais pas désespérer Billancourt par ce titre quelque peu décourageant, mais il y a des semaines comme cela où l’on aimerait avoir des raisons d’espérer !

Car ces deux événements, dramatique pour l’un, la décapitation dans l’Isère d’un chef d’entreprise, et pathétique pour l’autre, l’affligeant rassemblement annuel de la Gay Pride à Paris, manifestent de manière spectaculaire la convergence de défis auxquels notre peuple est confronté.

D’une part, une civilisation en déclin qui ne croit plus en elle-même et qui cherche dans une conception dévoyée de la fête et de la transgression un moyen pour conjurer son angoisse.

De l’autre, un mélange hybride entre un islam conquérant et barbare et un nihilisme sous-produit du monde moderne.

La suite sur Boulevard Voltaire...

(*) vendredi 26 juin

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 19:20

 

  Lundi prochain 29 juin à 12h (puis en réécoute) au Libre  Journal sur Radio Courtoisie , Jeannette BOUGRAB, fille de  harki et  ancienne Secrétaire d’Etat dans le gouvernement  FILLON est l'invitée de Roger Saboureau.


 

 

"A partir de son livre récent ‘’ MAUDITES ‘’, nous traiterons de la condition des enfants de harkis et de leur intégration dans la société française . Nous ne pourrons éviter les péripéties liées au massacre des CHARLIE , mais nous parlerons aussi du sort malheureux des petites filles violées et de la violence faite aux femmes dans certains pays musulmans .
Quant à l’avenir de nos sociétés , je crains qu’il ne  soit compromis par la poussée islamiste . Nous en traiterons également  
La suite... "

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 08:39

(...) Mais il y a aussi cet autre volet du mystère de l'Eglise, celui qui nous montre l'Eglise avec son escorte de faibles et de malheureux : 


"Mais qui (les) recueillerait sinon l'Eglise?...
Ainsi voit-on se presser autour d'elle, repoussant les saints sur le parvis, une foule de malheureux qui n'y viennent chercher, d'âge en âge, que le repos, des honneurs ou des rentes, incapables de trouver ailleurs le pain de leur propre convoitise. Quiconque s'étonnerait de les voir là ressemblerait aux pharisiens sourcilleux toisant d'un regard de dégoût le rabbi Jésus avec son escorte de béquillards, d'aveugles, de mendiants et probablement aussi de simulateurs. Car l'Eglise n'est rien moins que le Panthéon des grands hommes, mais sous la rage de la pluie et du vent éternels, le refuge où la plus misérable espèce vient recevoir de Dieu et de ses saints, jour après jour, de quoi subsister, vaille que vaille, jusqu'à l'éternel pardon" 

Bernanos, La grande peur des biens-pensants, 1931.      

 

Lu ICI

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 08:36
La République du Panthéon

Du libéralisme au socialisme.

"L'anti-communisme conséquent conduit à la chrétienté aussi sûrement que la démocratie libérale-socialiste conduit au communisme. Le monde entier passera sous la domination du communisme s'il ne reprend pas le chemin de la chrétienté".
Cet adage est toujours vrai si l'on convient, comme Jules Monnerot, que communisme et Islam sont de même nature.

Un livre que l'on peut commander ICI.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 00:00

Retour sur un article plus qu'actuel.

 

Selon un rapport de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) publié lundi 1er décembre 2014, l'immigration a de nouveau augmenté en France en 2013 sur un rythme similaire à 2012 (259.000 migrants) . Voici quelques citations permettant de comprendre l'enseignement de l'Eglise sur l'accueil de l'étranger :

 

Le Catéchisme de l'Eglise catholique énonce clairement les principes de base :

"Les nations mieux pourvues sont tenues d'accueillir autant que faire se peut l'étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu'il ne peut trouver dans son pays d'origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l'hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent.

Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l'égard du pays d'adoption. L'immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contribuer à ses charges".

Catéchisme de l'Eglise catholique, n°2241.

 

Dans Laborem exercens, encyclique sur le travail humain, on peut lire que "l'émigration est sous certains aspects un mal", mais un mal qui peut être "en des circonstances déterminées ce que l'on appelle un mal nécessaire".

Après avoir rappelé que "l'homme a le droit de quitter son pays d'origine pour divers motifs (...) et de rechercher de meilleures conditions de vie dans un autre pays", l'encyclique précise que l'émigration représente en général "une perte pour le pays d'où on émigre. C'est l'éloignement d'un homme qui est en même temps membre d'une grande communauté unifiée par son histoire, sa tradition, sa culture, et qui recommence une vie au milieu d'une autre société, unifiée par une autre culture et très souvent aussi par une autre langue. Dans ce cas, vient à manquer un sujet du travail qui, par l'effort de sa pensée ou de ses mains, pourrait contribuer à l'augmentation du bien commun dans son pays ; et voici que cet effort, cette contribution sont donnés à une autre société, qui, en un certain sens, y a moins droit que la patrie d'origine."          

Jean-Paul Il, Laborem exercens , 1981, n°23.

 

"On ne peut (...) pas, a priori, considérer toute émigration comme un fait positif, à rechercher ou à promouvoir"

Jean-Paul Il,17 octobre 1985, Congrès mondial de pastorale de l'émigration.

 

"La solidarité dépasse les frontières politiques pour s'ouvrir à l'accueil de chaque travailleur (...). Cela n'exclut certainement pas la légitimité d'une réglementation de l'émigration en vue du bien commun de chaque nation particulière."

Jean-Paul II, 19 mars 1990.

 

Le document publié par la Commission "Justice et paix" a précisé :

"II appartient aux pouvoirs publics, qui ont la charge du bien commun, de déterminer la proportion de réfugiés ou d'immigrés que leur pays peut accueillir compte tenu de ses possibilités d'emploi et de ses perspectives de développement mais aussi de l'urgence du besoin des autres peuples. Et l'État veillera à ce que ne se créent pas des situations de déséquilibre social grave, accompagnées de phénomènes sociologiques de rejet, comme cela peut arriver lorsqu'une trop forte concentration de personnes d'une autre culture est perçue comme menaçant directement l'identité et les coutumes de la communauté locale d'accueil".

L 'Eglise face au racisme, février 1989.

 

Synthèse réalisée par Hélène Fruchard dans la revue Permanences N°397 de décembre 2002.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 12:46
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